Dans un communiqué, Poweo a annoncé ce matin un virage stratégique majeur. La société se désengage en effet des activités de production, qu’elle cède à son actionnaire principal, Verbund: « les principaux actionnaires ont arrêté les termes d’un accord de principe concernant la cession à Verbund des actifs de production, qui permettra de dégager les ressources financières indispensables à la continuité d’exploitation du groupe. Poweo bénéficiera jusqu’au 30 juin 2013 d’une option de rachat des actifs cédés à un prix identique, au cas où les évolutions des conditions réglementaires ou de marché justifieraient une telle opération ».
La transaction s’établit à « 120 millions d’euros, correspondant à (la) valeur nette comptable (des) 60% de Poweo production ». La société « considère que cette opération lui permettra de dégager les ressources de trésorerie appropriées au regard de ses engagements financiers pour l’ensemble de l’année 2011 a minima« .
Le recentrage sur les activités de commercialisation s’explique notamment par le « vote récent de la loi NOME » qui conduit Poweo à maintenir « sa confiance dans la mise en œuvre courant 2011 d’un cadre réglementaire satisfaisant pour ses activités de commercialisation d’énergie ». La société précise cependant que « les contours et perspectives de ses activités de commercialisation » se feront au regard « des décrets d’application » de la loi.
A la bourse de Paris vers 12h15, l’action Poweo progresse de 1,19%, à 5,12 euros.
————–
Le prix de cession de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) sera déterminant. Ces derniers jours ont vu Henri Proglio, PDG d’EDF, et Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, débattre, dans La Tribune, du prix de cession. Pour EDF, il ne doit pas être inférieur à 42 euros tandis que Gérard Mestrallet « demande que le prix de cession retenu soit de 35 euros seulement. «Le prix de revient de l’électricité nucléaire d’EDF, auquel se réfère la loi Nome est de 31 euros le MWh, affirme-t-il. C’est à ce prix que nous rachetons une partie du courant des centrales du Tricastin et de Chooz» ». La DGEC a réuni les fournisseurs vendredi 17 décembre pour leur présenter les modalités d’application de la loi Nome. Mais le prix de cession ne figure pas dans le document remis aux participants.