Nous reproduisons ci-après une tribune libre de Catherine Peyge, maire de Bobigny, présidente du Sipperec et intitulée: « Pour les collectivités, le photovoltaïque n’est ni une bulle verte ni un accessoire à la mode ». Cette tribune a été d’abord publiée dans la Gazette des communes.
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« Ce n’est que depuis deux siècles que l’homme a choisi pour se développer de puiser dans le stock d’énergies fossiles et fissiles présentes dans le sous-sol. La prise de conscience des limites de la ressource et de ses nombreux impacts environnementaux ouvre aujourd’hui la voie, en complément de la nécessaire maîtrise des consommations d’énergie à l’utilisation des énergies renouvelables. Parmi celles-ci le solaire photovoltaïque dispose de nombreuses qualités.
Ceux qui lui reprochent le coût élevé de la tonne de CO2 évitée ou un poids trop important sur la CSPE1 oublient les centrales à gaz construites pour faire face aux pointes dues au chauffage électrique qui équipe 80% des logements neufs.
Rétablissons la vérité : les tarifs d’achat pour toutes les énergies renouvelables représentent 3% de la CSPE, la cogénération gaz 29%.
Le soleil est aujourd’hui le seul réacteur de fusion thermo-nucléaire parfaitement maîtrisé, capable d’envoyer sur Terre chaque année un rayonnement équivalent à plus de 10 000 fois la totalité des besoins énergétiques mondiaux.
La matière première des cellules photovoltaïques – le silicium – est le troisième élément le plus abondant sur terre : le risque de pénurie n’existe pas. Outil performant de production d’électricité – un système photovoltaïque met quelques années à peine à rembourser toute l’énergie consommée au cours de sa fabrication, de son transport, de son installation et de son recyclage2 -, c’est aussi un formidable vecteur de « démocratie énergétique » puisque tout un chacun, du particulier à la grande entreprise en passant par les collectivités locales, peut grâce à lui devenir producteur d’une énergie propre.
Certes son intermittence lui interdit de prétendre fournir l’essentiel de l’électricité consommée mais son intégration dans les « réseaux intelligents » lui permettra d’occuper une place de choix dans le « bouquet énergétique » du développement durable. Cette filière doit donc être développée parallèlement avec les autres énergies propres.
Comme d’autres filières plus anciennes l’ont été à leur démarrage, le photovoltaïque bénéficie d’un soutien public, à travers les tarifs d’achat de l’électricité solaire afin de dynamiser ce secteur et bénéficier de la chute des coûts ainsi que des créations d’emplois que l’on observe chez nos voisins européens.
Ce soutien existe dans la majorité des pays européens. Il a l’avantage d’offrir une sécurité d’investissement et la possibilité de promouvoir des technologies à moyen et long terme.
Les collectivités sont volontaires pour participer, à leur niveau, au développement du photovoltaïque, malgré un environnement financier difficile.
Les nouveaux tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque publiés par arrêté du 14 janvier 2010 leur permettent de disposer d’une visibilité économique pour lancer des projets, en particulier sur les bâtiments publics à l’occasion de travaux de rénovation. Des imperfections demeurent qu’il conviendra de rectifier rapidement notamment en faveur des solutions les moins coûteuses adaptées aux toitures existantes.
Le photovoltaïque n’est ni une bulle verte ni un accessoire à la mode : c’est, pour nous les collectivités locales, une ressource pour renforcer nos territoires, en complémentarité avec le suivi des consommations et la promotion de la maîtrise de l’énergie auprès de la population.
Catherine Peyge,
Présidente du Sipperec
Maire de Bobigny
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1 Contribution au Service Public de l’Électricité SPE, mécanisme qui permet de rembourser à EDF les coûts de ses obligations de service public, dont les tarifs d’achat représentent moins de 3%.
2 Cf étude IEA-PVPS-T10-01 de l’Agence Internationale de l’Énergie publiée en mai 2006″