En présentant la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), Jean-Louis Borloo a indiqué que la France ferait face « à une décroissance inédite dans l’ère industrielle de la consommation énergétique », liée à la fois à un contexte économique difficile mais, surtout, à des mesures de maîtrise de la demande. Soulignant que la France tiendrait ses engagements européens (23% d’énergies renouvelables en 2020), il a affiché une évolution du mix énergétique à cette échéance, faisant la part belle aux « énergies les moins carbonées: la production de solaire photovoltaïque sera multipliée par 400, pour les réseaux de chaleur, ce sera fois 12, pour la géothermie, fois 6 et, pour le bois énergie, fois deux ». Si le ministre d’Etat entend passer « à une ère véritablement industrielle » des Enr, il a cependant souligné les inévitables « questions d’acceptabilité sociale » que soulèvera la multiplication des installations. Le décollage est prévu à partir de 2012.
Des déclinaisons régionales sont prévues par la loi dite « Grenelle 2 » avec des schémas directeurs régionaux air, climat et énergie, qui seront « élaborés par les préfets de région et les conseils régionaux ».
La réduction des gaz à effet de serre devrait aussi être au rendez-vous, là encore avec une « accélération très forte » après 2012. Les émisssions de GES devraient diminuer de 22% à horizon 2020 (437 MtCO2eq) par rapport à celles de 2005. On observera notamment l’arrêt des centrales à charbon les moins performantes à l’horizon 2015 (centrales détenues par EDF et la Snet, filiale d’E.ON), soit environ la moitié des capacités de production actuelles. De nouvelles centrales CSC (capture et séquestration du carbone) les remplaceront progressivement..
Répondant à une question sur l’éventualité d’un troisième réacteur nucléaire de type EPR, Jean-Louis Borloo n’a pas fermé la porte: « A la question « a-t-on besoin d’un troisième EPR pour des nouveaux besoins en énergie? », la réponse est non. Pour le remplacement des centrales existantes, la question se posera. »
Pour l’électricité, le Meeddat met en avant deux axes de travail: une réflexion sur la consommation d’électricité dite « de pointe » et sur la MDE dans les régions isolées électriquement. Mais la traduction tarifaire n’a pas été dévoilée: Jean-Louis Borloo laisse à Nicolas Sarkozy et François Fillon le soin de s’exprimer en premiers sur les conclusions de la Commission Champsaur.
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