La Compagnie du Vent (groupe GDF Suez) a diffusé un dossier de presse relatif au parc de parc éolien en mer, dit des Deux Côtes. Ce dossier est destiné à alimenter le débat public qui débute aujourd’hui. Le débat court jusqu’au 10 septembre 2010, avec une suspension entre le 13 et le 30 août (pourtant, il risque d’y avoir du monde en mer à ce moment là).

Le projet porté par la Compagnie du Vent est décliné en trois options: le projet «Large» (aujourd’hui privilégié par la société) et « deux variantes dites «Littoral» et «Grand Large» dont les différences portent notamment sur la localisation, la distance à la côte et la puissance installée ».
> Le dossier répond donc aux demandes de la Commission nationale du débat public (7 avril 2010) qui souhaitait que « soient présentés de façon précise le projet privilégié par le maître d’ouvrage, dès la saisine de la Commission, et les deux variantes étudiées » (cf. notre actu du 8 avril : Parc éolien des Deux-Côtes: débat public, oui mais…).

Le projet «Large» vise une implantation à plus de 14 kilomètres des côtes. Il serait « composé de 140 éoliennes de 5 mégawatts chacune pour une puissance totale de 700 mégawatts », soit une puissance totale de 700 MW, et « produirait chaque année l’équivalent de la consommation électrique de plus de 900.000 personnes ». Le dossier souligne que le parc serait peu visible « depuis la côte et (qu’il) se situerait notamment hors de la zone de pêche de la coquille Saint-Jacques, espèce emblématique de la pêche locale » (« miam! » – cf. ci-dessous). L’investissement est de 1,8 milliard d’euros et quelque 2.000 emplois seraient créés: « entre 1.600 à 1.900 emplois nécessaires durant la construction, soit 3 à 4 ans, et au moins 150 emplois créés au niveau des ports du Tréport et de Dieppe, pendant 30 ans, pour la maintenance des installations ». Détail non négligeable: le « parc des Deux Côtes générerait une taxe spécifique à l’éolien en mer d’environ 8,5 millions d’euros par an ».

Installée à 5 kilomètres des côtes, la variante « littoral » comprendrait 60 éoliennes de 5 mégawatts (puissance totale de 300 mégawatts et créerait jusqu’à 1.400 emplois.

Quant à la variante «Grand Large», située à plus de 25 kilomètres des côtes, elle représenterait un parc de 320 éoliennes (soit une puissance totale de 1.600 mégawatts, l’équivalent de la consommation de deux millions de foyers). En raison « de la profondeur d’eau (20 à 35 mètres) », son coût serait « nettement plus élevé » (coût non précisé). Elle présente aussi des « risques (…) pour le trafic maritime ».

« Moins de 1 euro par an et par foyer »
Cité dans le dossier, Jean-Michel Germa, PDG de la Compagnie du vent, évoque l’impact du rachat de l’électricité d’origine éolienne sur la facture des consommateurs (CSPE): « aujourd’hui, les projets éoliens en mer sont plus coûteux que ceux d’éoliennes terrestres. A terre, le tarif d’obligation d’achat est pratiquement à parité avec le prix de l’énergie électrique vendue en gros sur les marchés européens. Et ce, sans prendre en compte le bénéfice intrinsèque de l’énergie éolienne sur l’environnement : absence de pollution et de déchets, decarbonation, raréfaction d’autres ressources. Pour l’énergie éolienne en mer, ce tarif d’achat de l’énergie électrique est légèrement supérieur au tarif du terrestre et constitue donc une charge portée et répartie sur la facture de tous les consommateurs français d’électricité. On estime qu’avec l’installation de parcs éoliens offshore, cette énergie représentera un coût de moins de 1 euro par an et par foyer ».

En savoir plus
– Télécharger le dossier de presse de la Compagnie du vent préalable au débat public des Deux Côtes.
– Consulter le site dédié au débat public des Deux Côtes.
– Le site présentant le parc est toujours attendu pour… avril 2010.

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Hors débat public: coquilles Saint-Jacques aux agrumes par Monica.