Après les tarifs de l’électricité cet été, ce sont les tarifs du gaz et la présidence d’EDF qui alimentent la chronique feuilletonesque de la mi-septembre. Eugène Sue, Ponson du Terrail, Souvestre & Allain, croyez-m’en, sont des amateurs.

Tarifs réglementés de vente du gaz naturel
Derniers épisodes en date: la baisse des tarifs du gaz n’aura pas lieu. C’est l’hypothèse formulée par Philippe de Ladoucette, en marge du congrès du Gaz à Lyon, dont les propos ont été rapportés par l’AFP: « Nous ne sommes pas saisis d’une demande de mouvement sur le tarif du gaz dans la distribution grand public. Il me paraît, vraisemblablement, qu’il n’y aura pas de mouvement ».
On sait que les tarifs réglementés de vente sont stables depuis le 1er avril dernier. Depuis, les coûts d’approvisionnement de GDF Suez ont baissé d’environ 1,5 euro par mégawatheure (MWh), soit 3,6%. Mais il semblerait qu’afin « d’éviter une hausse impopulaire le 1er janvier prochain, qui serait rendue nécessaire par la remontée actuelle des cours du pétrole », selon, indique l’AFP, une « source proche du dossier », cette baisse anticipée du 1er octobre ne serait pas d’actualité.

Présidence d’EDF

Du côté d’EDF, les bookmakers (entendez: la presse) s’affairent. Les prétendants ne manquent pas: Henri Proglio était donné pour certain, il ne serait aujourd’hui plus en cour. Le PDG d’Alstom, Patrick Kron, semble avoir définitivement renoncé au poste, indiquait les Echos il y a quelques jours à peine. Le 16 septembre, Challenges était formel: Nicolas Sarkozy aurait appelé Bercy, « dans la nuit du 9 au 10 septembre » pour que le ministère des Finances lui fournisse quatre noms de personnes susceptibles de prendre la tête d’EDF. Et, en réponse, Bercy faisait savoir sa préférence: la prorogation, pour un an, du mandat de Pierre Gadonneix, auquel serait adjoint son futur successeur: « Bercy a obtempéré, en exprimant une préférence pour le maintien à son poste de Pierre Gadonneix pour un an, à condition que soit nommé à ses côtés un numéro deux appelé à le remplacer ».
Ce scénario s’effondre aujourd’hui où l’on « apprend » qu’ Anne-Marie Idrac « s’invite dans la succession de Gadonneix ». Billard à trois bandes, indique la Tribune: « Sa nomination à la tête d’EDF permettrait, dit-on, de libérer un poste au gouvernement pour Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP ». Et l’enjeu industriel?
En digne successeur d’Alexandre Dumas, EDF a repoussé son conseil d’administration, prévu le mercredi 23 septembre, qui devait entériner la nomination du nouveau président. Ce conseil d’administration serait décalé au lundi 28 septembre.

A savoir
Au bal des bookmakers, Patrick Larradet, administrateur CFDT de RTE, n’est pas le plus maladroit. Sur son blog, il observe que « dans le cadre de la réforme des institutions » initiée par le Président de la République, « un processus de consultation parlementaire s’applique désormais pour les nominations des Pdg de toutes les entreprises publiques. Bref, Le Président de la République se doit de consulter la Commission des affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale, suite à la modification (adoptée en Juillet 2008) de l’article 13 de la Constitution* ». Les observateurs observeront que Pierre Gadonneix a été auditionné, mardi 15 septembre à l’Assemblée nationale.

Et aussi
Pierre Gadonneix, candidat à sa propre succession, interviendra le mardi 22 septembre, lors du congrès de la FNCCR, à Annecy sur le thème: « service public et développement international, quels arbitrages? »

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* Article 13 (extrait): « Une loi organique détermine les emplois ou fonctions, autres que ceux mentionnés au troisième alinéa, pour lesquels, en raison de leur importance pour la garantie des droits et libertés ou la vie économique et sociale de la Nation, le pouvoir de nomination du Président de la République s’exerce après avis public de la commission permanente compétente de chaque assemblée. Le Président de la République ne peut procéder à une nomination lorsque l’addition des votes négatifs dans chaque commission représente au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions. La loi détermine les commissions permanentes compétentes selon les emplois ou fonctions concernés ».