Selon un document de la Commission de régulation de l’énergie que s’est procurée l’AFP, le projet de loi NOME visant à réformer le marché de l’électricité « devrait provoquer une forte hausse des tarifs pour les particuliers ».
Cette hausse résulterait du prix de cession de l’électricité d’origine nucléaire qu’EDF devrait garantir à ses concurrents (Direct énergie, GDF Suez, Poweo…). Ces dernières semaines, le prix envisagé tournait autour de 44 euros le mégawattheures (MWh). Selon une « source parlementaire », EDF aurait évoqué le chiffre de 42 euros: « En dessous, ça ressemble à du pillage », aurait « déclaré le PDG d’EDF Henri Proglio mercredi lors d’une audition à huis clos devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale ».
Or, la CRE rappelle que ce prix de 42 euros/MWh est « supérieur de 36% au coût actuel de l’électricité de base d’origine nucléaire (30,9 euros/MWh). Si EDF se voyait accorder un tel prix de vente, il faudrait donc relever les tarifs bleus (particuliers et petits professionnels) de 11,4% une fois la réforme votée, puis de 3,5% par an entre 2011 et 2025, selon les projections de la CRE ».
Du côté des tarifs consentis aux entreprises (appelés à disparaître en 2015), « la hausse serait de 14,8% puis de 3,7% par an entre 2011 et 2025 pour les tarifs jaunes et verts (destinés aux entreprises), selon la CRE ».
Henri Proglio aurait justifié la demande d’EDF par les importants investissements que doit consentir EDF pour renouveler et développer son parc nucléaire. « Il évalue les besoins d’investissement aux alentours de 600 millions d’euros par réacteur nucléaire sur 20 ans, soit un total de 35 milliard d’euros, selon cette source parlementaire ».

A savoir
De son côté, Europ’énergies indique que « les discussions ont essentiellement porté sur le prix d’accès régulé à la base (ARB) », le président de la Cre partant « du niveau du tarif transitoire d’ajustement de marché (Tartam), soit 42 euros/MWh. 80 % du Tartam correspond à de la base. Donc en prenant 80 % de 42 euros, le prix de l’ARB devrait être de 38 euros/MWh. Du côté d’EDF, Henri Proglio explique que le maintien de l’outil nucléaire existant et notamment le prolongement de la durée d’exploitation va coûter plus cher que prévu (soit 600 millions d’euros et non plus 400 millions d’euros). Il propose un prix de l’ARB équivalent au Tartam, soit 42 euros/MWh ».