Il n’y avait guère de suspense mais, vendredi 18 juin, le gouvernement a officialisé l’adoption du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe). A partir du 1er août, les tarifs d’acheminement augmenteront de 2 à 3%. Le Turpe représente environ 47% de la facture acquittée par les usagers et les clients – pour eux, l’augmentation sera comprise entre 1 et 2%. Le Turpe devrait augmenter de 10% environ sur les 4 prochaines années.
Cette hausse était attendue. Elle était réclamée par ERDF (qui a bénéficié de l’appui de la FNCCR sur cette question) qui a fait part d’importants besoins d’investissements sur les réseaux de distribution, réseaux vieillissants et moins performants comme en témoigne l’augmentation régulière du temps de coupure ces dernières années. ERDF a également fait part de nouveaux développements et renforcements liés à l’essor des énergies renouvelables (éoliennes, fermes solaires). Le Turpe fait également apparaître l’horosaisonnalité, à la demande du gouvernement qui avait demandé à la CRE de revoir sa copie en ce sens.

Consulter la décision du 5 juin 2009 relative aux tarifs d’utilisation des réseaux publics de transport et de distribution d’électricité .

Consulter la proposition de la CRE (26 février).

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Petit débat entre initiés
Au moment du lancement de l’emprunt d’EDF, Pierre Gadonneix (sur la radio RMC) avait indiqué qu’il servirait à « investir en France » notamment « pour moderniser nos infrastructures, c’est-à-dire les lignes de transport de courant à haute tension, à basse tension, le réseau ». Ces propos ont rapidement été désavoués par la Commission de régulation de l’Energie (CRE), interrogée par l’AFP: « C’est exclusivement le Turpe (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) qui finance les investissements sur les réseaux de transport et de distribution » d’électricité, a indiqué la CRE. De même, RTE a souligné que ses recettes dépendaient du Turpe et non de la capacité de financement du groupe EDF.
Pour Patrick Larradet, administrateur salarié (CFDT) de RTE, il s’agirait en fait d’un « dérapage, assurément contrôlé » poursuivant deux objectifs. a provocation du Pdg a deux objectifs. « Le premier c’est de faire croire à Mme Michu que sa participation à l’emprunt a pour vocation l’intérêt général et non le financement des opérations (parfois surpayées) à l’étranger. Comme quoi le vocable « Service public » peut aussi servir les finances… » Quant au second objectif, il serait de préparer les esprits à une cession… « Mais notre joueur avait aussi pour cible l’indépendance de gestion des deux filiales en suscitant la réaction du gendarme régulateur; ne serait-ce que pour faire la promotion auprès des décideurs de ses prochaines opérations de largage en mer des activités régulées ».