Nous publions ci-après une tribune de Michaël Seys, Responsable du développement produit chez Panasonic Solar.

————-

« La filière photovoltaïque en France fera-t-elle un pas en avant ?

Beaucoup d’acteurs dans le secteur photovoltaïque ont vu briller une lumière dans l’obscurité suite à l’annonce des mesures d’urgence faite par la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Delphine Batho. D’autres, plus sceptiques, tiennent un discours qui commence plutôt par : « Oui, mais … ». Malgré les avis partagés, l’envie du gouvernement de donner un second souffle au secteur est incontestable.

Certes, c’est un petit pas mais il va bien de l’avant ! Cependant, nous ne devons pas nous réjouir trop vite car le photovoltaïque est un investissement intéressant et un « produit » profitable mais sur une période plus longue. Les efforts doivent donc être poursuivis au-delà d’une réponse donnée dans un premier temps aux acteurs du secteur pour apaiser leurs inquiétudes. Des propositions construites sur une vision globale et à longue échéance représenteront ainsi une source de motivation pour la filière.

En effet, les mesures d’urgence ne peuvent répondre qu’à des situations d’urgence, mais une politique industrielle et la création d’une filière pérenne ne peuvent être construites que sur la durée. Il faut donc équilibrer des mesures à moyen et long terme pour donner une confiance suffisante aux acteurs qui peuvent faire de la France un acteur mondial du secteur. Il ne faut toutefois pas oublier qu’en 2011 avec 43,3 Wc* par habitant, la France était loin devant la Chine, le Japon et les USA (des marchés qui montent sérieusement en puissance) en terme de capacité installée par habitat.

Ce ne serait pas une surprise alors si le gouvernement priorisait aujourd’hui les installations individuelles, car convaincre le consommateur de l’efficacité de l’énergie photovoltaïque devient primordial. En effet le marché résidentiel est une première étape vers l’autonomie énergétique, la prise de conscience des particuliers de leur impact écologique et la réduction des consommations.

En terme d’écologie, il est essentiel d’avoir une vision globale. Toutefois, la volonté des gouvernements de « modérer » la transition énergétique afin que celle-ci ne se fasse pas au détriment de la population concernée est compréhensible. Mais il ne faut pas que ce type de critère devienne une forme de protectionnisme économique. Il doit être un appel aux sociétés (et au gouvernement lui-même) à développer des produits compétitifs. Il serait également logique de ne pas limiter la « qualité » des produits à leur provenance, mais puisque nous parlons d’écologie, il serait pertinent d’évaluer leur impact écologique tout au long de leur cycle de vie. Des critères sociaux peuvent être aussi imaginés.

Si la France veut encourager sa filière, elle doit le faire en prenant pour modèle les autres pays et en particuliers ses voisins. L’Allemagne et l’Italie représentent ensemble une puissance connectée supplémentaire de près de 17 GWc (69 GWc au niveau mondial). La politique énergétique de ces pays est certes différente, mais s’ils ont su donner une grande force au solaire photovoltaïque et stimuler l’économie du secteur, pourquoi pas la France ? »

———
* Watt-crête