Dans un communiqué, le Meeddm a annoncé la signature d’une « convention d’engagements pour le développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques », avec avec les « élus, les producteurs d’hydroélectricité, les associations et fondations de protection de l’environnement, les associations pour les énergies renouvelables et l’association des pêcheurs professionnels en eau douce ».
> Hier, France Nature Environnement (qui regroupe quelque 3.000 associations) avait indiqué qu’elle ne signerait pas cette convention, estimant que la limite était atteinte en matière d’hydroélectricité et mettant en garde contre « la destruction des derniers tronçons de rivières vivantes du pays ».
Face à des objectifs dont la conciliation « ne va pas de soi », le ministère a « décidé de développer l’hydroélectricité dans la limite de la cohérence de ce développement avec les autres exigences de même importance ».
La convention prévoit notamment un effort de recherche sur certaines espèces, la mise aux normes des ouvrages existants et l’effacement de 40.000 barrages en déshérence. Détail:
– « Effort sur la recherche relative à la connaissance des espèces, des impacts des ouvrages comme l’illustre en particulier le lancement d’un programme de recherche et développement sur l’anguille d’un montant de 4 millions d’euros (pris en charge par l’ONEMA, l’ADEME et les producteurs),
– effort de mise aux normes des ouvrages existants par le respect des obligations légales (débit réservé et passes à poissons sur les cours d’eau où elles sont obligatoires), accompagné d’un meilleur suivi des impacts, et la mise en place de démarches «gagnant-gagnant» pour l’amélioration de la continuité écologique,
– un grand plan d’effacement des ouvrages hydrauliques en déshérence (plus de 40.000 dont 1.200 effacés d’ici 2012),
– effacement de 5 ouvrages hydroélectriques, dont ceux de La Roche-qui-Boit et de Vezins sur la Sélune, dans le département de la Manche,
– identification du potentiel de développement de l’hydroélectricité dans les secteurs où les enjeux environnementaux sont moindres, en cohérence avec la révision des classements de cours d’eau, afin de se donner les moyens d’atteindre à la fois un objectif de développement de la production hydroélectrique de 3 TWh par an d’ici 2020 et l’objectif de bon état d’au moins 66 % des masses d’eau en 2015″.
Cette convention sera suivie par un comité ad hoc, mis en place en septembre prochain. Jean-Louis Borloo a salué « le triomphe de la méthode Grenelle de concertation ».
Cliquez ici pour télécharger le dossier de presse,
– le document de l’Onema: référentiel des obstacles à l’écoulement : un inventaire national des obstacles sur les cours d’eau,
– le second document de l’Onema: un axe phare du plan national de gestion de l’anguille.
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Dans un communiqué, EDF a annoncé avoir signé cette convention et s’engager pour pour le développement d’une hydroélectricité durable: « EDF, premier producteur hydroélectrique d’Europe, entend participer pleinement, à la place qui est la sienne, à l’effort de développement d’environ 5 % de la production hydroélectrique française (soit 3 milliards de kWh par an) d’ici à 2020, dans le respect des écosystèmes ».
De son côté, l’Union française de l’électricité, également signataire, rappelle « que l’hydroélectricité est la 1ère source d’électricité renouvelable, à hauteur de 12 % de la production nationale. A ce titre, elle est une réponse incontournable à l’atteinte des objectifs du Grenelle de l’Environnement, qui prévoit notamment 23 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2020 ».