Le nouveau statut du Fonds d’amortissement des charges d’électrication (FACE) se traduit par des menaces sur l’emploi, indique Le Parisien/Aujourd’hui en France, dans son numéro daté du 4 août 2012.
Depuis la transformation du Fonds en Compte d’affectation spécial (CAS), un « incroyable imbroglio administratif (bloque) le versement par l’Etat de subventions aux syndicats départementaux d’énergie ». Aussi ceux-ci retardent-ils ou décalent-ils des travaux sur le réseau électrique, lesquels » alimentent l’activité de PME locales spécialisées en basse et moyenne tension ». Philippe Tridon, PDG de Sorapel, une société intervenant dans plusieurs départements de l’ouest de la France, évoque un carnet de commandes « vidé », ce qui l’a conduit à se séparer d’intérimaires et pourrait le contraindre à « mettre une partie de ses 120 salariés en chômage partiel à la rentrée ». La menace pèse sur « 8000 salariés du secteur de la maintenance des réseaux électriques ».
Ces blocages avaient été révélés par le Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique (SERCE), dans un entretien avec Enerpresse il y a quelques semaines.
« «Le pire, c’est que l’argent est là, s’indigne Aymar de Germay, maire de Marmagne et président du Syndicat départemental d’énergie du Cher. J’ai écrit au préfet pour l’alerter de la situation. Car le Facé subventionne à 80% les travaux sur mon département, soit 3 M€, le reste provenant des fonds propres du syndicat. Cette somme fait travailler quatre entreprises locales, soit environ 200 personnes, qui se retrouvent aujourd’hui pratiquement sans activité. Et encore, nous ne sommes qu’un petit département de 330000 habitants.» »
De son côté, Denise Saint-Pé, vice-présidente de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), craint que le rapatriement du FACE « dans le giron de l’Etat ne signe à terme sa disparition, noyé dans le budget général », évoquant le précédent du Fonds national de développement des adductions d’eau (FNDAE), supprimé il y a quelques années.
Interrogée par le quotidien, Delphine Batho affirme avoir pris la mesure du problème (mais) ne propose pour le moment ni calendrier ni solution (…): «les crédits sont en effet disponibles mais les règles de gestion ont été modifiées. Nous devons donc trouver les solutions au plus vite, c’est-à-dire dans les jours, ou au plus tard dans les semaines, qui viennent, afin de répartir l’argent de ce fonds sur tout le territoire, en fonction des projets liés à l’entretien et à la modernisation du réseau électrique.» »