Dans une note de position en date du 26 novembre 2010, l’Ademe a rendu publique son analyse du compteur communicant Linky, actuellement testé en Indre-et-Loire et dans le Rhône par ERDF.
Cette note s’inscrit dans le prolongement des interventions publiques de plusieurs représentants de l’Ademe, ainsi que d’un document non public dont la presse s’est fait l’écho à plusieurs reprises.
L’Ademe nous a transmis cette note, ce mardi 7 décembre.
Cette note analyse les « bénéfices pour l’environnement » du compteur Linky, l’Ademe précisant qu’elle ne juge son « aptitude (…) à remplir les fonctions de comptage et de gestion du réseau électrique ». Il s’agit ici d’examiner en quoi Linky est apte « à générer des économies d’énergie, à éviter des émissions de gaz à effet de serre et à intégrer les productions d’électricité de sources renouvelables ».
Approche globale
En termes d’émissions de CO2, le pilotage de « certains usages à l’aide d’incitations tarifaires » pourrait contribuer à « lisser les pointes de consommation », donc « d’éviter le recours à des modes de production d’électricité (centrales thermiques) » fortement émetteurs de gaz à effet de serre.
S’agissant de l’intégration des énergies renouvelables, l’Ademe estime que « Linky devra évoluer » car le « compteur, dans sa configuration actuelle, comporte un grand nombre d’index en soutirage (10) mais un seul index en injection ». Elle plaide pour « un plus grand nombre d’index tarifaires en injection ». Cela pourrait se faire soit via une deuxième génération de compteur soit par « un deuxième compteur, installé tête-bêche au premier ».
Du point de la consommation, Linky pourrait générer des « gains d’énergie pour les gestionnaires de réseaux » qui seraient à même de mieux « identifier les lieux de pertes, techniques et non techniques, du réseau et de mener les actions pour les réduire ». L’Ademe met ces économies (« de l’ordre de quelques TWh/an ») en regard avec « les consommations électriques générées par le dispositif (qui seraient comprises) entre 0,3 à 0,4 TWh (estimation faite avec les consommations du compteur Linky fournies par ERDF et Landys+Gyr) ».
Approche consommateurs
S’agissant des utilisateurs des compteurs, l’Ademe rappelle que « la majorité des compteurs électriques (environ 17 millions) n’étant actuellement pas installée dans les logements, la lecture de la consommation en temps réel ne pourra pas être faite de manière aisée ». Plusieurs solutions sont examinées: « ERDF se dit prêt à proposer un service d’information en ligne sur Internet. Ce service peut apporter un traitement utile de l’information. Il n’est toutefois pas équivalent à une lecture directe en temps réel de l’information dans le logement, notamment pour susciter des évolutions de comportement quotidien », souligne l’Ademe dans sa note. Et de faire part de l’investissement supplémentaire que pourrait représenter un afficheur déporté, « d’environ 50 euros, ce qui représenterait 850 millions d’euros hors frais de pose ». L’Ademe estime « indispensable » de profiter de l’expérimentation en cours pour « tester l’ajout d’un afficheur déporté à l’intérieur du logement (et) évaluer son effet sur le consommateur. Des projets en ce sens ont été soumis au programme «réseaux électriques intelligents» des Investissements d’Avenir ». Elle préconise également des améliorations destinées à « faciliter la compréhension de l’affichage par le consommateur ».
Du point de vue environnemental, l’Ademe conclut que Linky apporte des bénéfices réels « en termes de comptage et de gestion du réseau électrique voire de diminution du contenu CO2 du kWh électrique » mais fait observer que « ses bénéfices pour
le consommateur en termes de maîtrise de la demande restent encore théoriques ». Elle recommande « que tous les consommateurs puissent avoir accès d’une manière ou une autre à des informations minimales sur leur consommation leur permettant de mieux maîtriser leurs usages sans avoir à passer par des services ou des prestations payants supplémentaires ».
Cliquez ici pour télécharger la note de positionnement de l’Ademe sur le compteur Linky.
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Lire aussi :
– Compteurs évolués: position de la FNCCR.
– Compteurs Linky: recommandations de la CNIL.
– Compteurs Linky: la CLCV opposée à la généralisation.