Dans une interview accordée à l’Usine nouvelle, Emmanuel Walckenaer, vice-président de Sierra-Wireless, affirme que « l’installation et la maintenance sont toujours sous-estimées » lorsqu’il s’agit de déployer des compteurs communicants.
S’appuyant sur l’échec de Telenor Cinclus en Norvège, il estime qu’il importe de concevoir « des systèmes très simples à installer (…). Le module pour piloter ces équipements intelligents aura beau être complexe, il faut que son installation soit d’une simplicité absolue, afin que l’installateur ne soit pas bloqué par son manque de connaissances du système ». A ses yeux, c’est un problème qui a « toujours été sous-estimé » et qui doit absolument être pris « en amont » sous peine d’augmenter le temps de déploiement. Avec d’autres risques à la clef: « du fait de processus d’installation mal ficelés, le risque est de n’avoir que 80 à 85% des compteurs qui fonctionnent correctement faute de couverture réseau convenable, de connectivité physique adéquate, de batterie ou de câblage. Les 15% restants vont fonctionner cahin-caha. Sur un million de compteurs voire 35 millions, c’est considérable! »
Emmanuel Walckenaer plaide pour une « check-list » préalable (processus d’installation calibré pour un personnel non qualifié, hotline dédiée aux installateurs, protocole d’assistance à l’installation, surveillance et télémaintenance…) qui garantit un bon équilibre : « mais il faut l’avoir conçu en amont. Sinon, les coûts explosent ». Interrogé sur le fait de savoir si ces « retards à l’allumage sont récurrents dans les pays ayant déployé des compteurs intelligents », il souligne que « les enjeux de pilotage des machines ultra distribuées ont toujours été sous-estimés ».
Enfin, il met en avant l’utilité de travailler à partir des besoins des utilisateurs: « dans un projet de déploiement de compteurs intelligents, il est également important de se demander comment associer l’utilisateur à ces solutions. Le marketing fait partie de l’enjeu ».
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A savoir
Sierra-Wireless est à la fois « concurrent du groupe Atos, auquel ERDF a confié la conception du compteur Linky » et partenaire: « nous sommes tout petits, et travaillons avec Atos sur certains projets. Sur d’autres segments, nous pouvons être une alternative ».