André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables a ouvert le colloque annuel du SER en indiquant qu’il s’inscrivait dans une  « période angoissante puisque pour certains l’existence de leur entreprise est menacée » – un propos liminaire s’adressant à la filière photovoltaïque.

> On consultera avec profit la synthèse de ce colloque réalisée par les journalistes de CleanTech Republic.

————
Plantant le décor, Robert J. Gillette, PDG de First solar, a rappelé l’engagement de Nicolas Sarkozy en juin 2009, affichant des ambitions pour les énergies renouvelables aussi importantes que celles prises par le général de Gaulle pour le nucléaire. Faisant état d’un développement significatif du potentiel de l’énergie solaire dans le monde », il a estimé que la France constituait « un marché prometteur ». Revenant sur le projet d’usine à Blanquefort (400 emplois, capacité de 150 MW), suspendu depuis décembre, il a plaidé pour « un cadre légal stable (et) une visibilité du marché à moyen et long terme ». 

Dans son discours, Eric Besson, ministre de l’Industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, a indiqué qu’il avait compris qu’il devait prodiguer « des encouragements à la profession » au regard des propos tenus avant son arrivée.
Concernant la concertation sur le photovoltaïque, « le gouvernement est extrêmement attentif à limiter les effets sur la filière » (ainsi le moratoire ne touche pas les installations des particuliers et la moitié des projets en file d’attente ne sont pas concernés). Il s’est engagé à définir un « cadre stable et pérenne ». Avec la fin de la concertation d’ici d’ici quelques jours, viendra le temps du travail réglementaire. « Qu’on se comprenne bien. Le gouvernement est favorable au développement du photovoltaïque (…). Mais on ne peut pas lui reprocher de lutter contre les bulles spéculatives, tout en visant le développement d’une filière industrielle ».
Le segment particulier de l’éolien offshore devrait connaître un important développement en Europe avec 40.000 MW prévus.
« Nos industries ont les capacités d’accéder aux premières places » en Europe et cela « doit se décliner en termes d’emplois ». Eric Besson estime qu’il est possible de créer « plus de 10.000 emplois directs à l’horizon 2020 ». L’objectif est publier le cahier des charges pour l’éolien offshore au JOCE début mai 2011, les candidats devant fournir une réponse novembre pour une décision au premier semestre 2012. « Les premiers parcs devraient voir le jour en 2015 ».

Il a conclu par deux messages hors texte écrit. S’agissant de Nathalie Kosciusko-Morizet: « je suggère que l’on cesse de nous opposer l’un à l’autre. Nous avons une partie commune, l’énergie – dont les énergies renouvelables. Nous opposer est un jeu vain. Il est normal qu’il y ait des secteurs d’intersection. Nous travaillons main dans la main ».

« Oui, je suis un défenseur du nucléaire civil assumé et le dis devant le Syndicat des énergies renouvelables. Mais cela n’empêche pas que la France doive diversifier son bouquet énergétique et tenir les objectifs du Grenelle de l’environnement ». Il rappelle que « jeune maire de Donzères », il a présidé à l’implantation de cinq éoliennes à proximité de Pierrelatte.

———————-
Et aussi
Olivier Pétros, directeur EnR d’EDF a indiqué qu’EDF énergies nouvelles représentait « 35% de la file d’attente du photovoltaïque. On est à 10% sur la queue d’ERDF et 95% sur la queue de RTE », a-t-il détaillé.

Jean-Baptiste Séjourné, directeur de la branche énergie de GDF Suez, a déploré qu’en « 2010, on ait vu des projets pour lesquels les financements étaient trouvés, les chantiers mis en oeuvre, deux fois remis en cause » par des décisions réglementaires. Il a plaidé pour que « le risque tarifaire soit éliminé au moment où la décision de l’investissement est arrêtée ». Sinon « ça pénalisera durablement » la France par rapport aux autre pays.