68,4 TWh cumac*: la DRIRE Ile-de-France a présenté son bilan de la première période des certificats d’économie d’énergie (CEE ou certificats blancs). « Un franc succès », résume Bernard Doroszczuk, le directeur régional. « Dû à la forte mobilisation des obligés mais aussi des équipes de la DRIRE qui ont instruit les dossiers », lesquels ont représenté 95% de l’objectif national. En moyenne, ce sont quatre personnes à temps plein qui ont instruit et contrôlé les demandes de certificats (avec un pic d’activité entre avril et octobre). Les dossiers ont été instruits en général entre 20 et 30 jours.
Un bilan satisfaisant aussi au regard des certificats délivrés avec des objectifs largement dépassés. Les 68,4 TWh cumac attribués par la DRIRE ont dépassé de 33% les objectifs fixés à la région Ile-de-France (et assurent à eux seuls 126% des objectifs nationaux). Avec, à la clef, l’économie d’un demi-réacteur nucléaire: « l’économie ainsi réalisée sur une année (5,4 TWh) est comparable à 50% de la production d’un réacteur nucléaire de 1.450 MW ou à celle de 1.000 éoliennes de 2 MW, observe Bernard Doroszczuk. C’est aussi la consommation d’électricité de 700.000 foyers. Ou encore une diminution des émissions de CO2 de 1,09 million de tonnes chaque année ».
Dans le détail, 787 dossiers ont été déposés et 577 ont donné lieu à la délivrance d’un CEE. 521 pour des obligés (et 67,9 TWh cumac), 56 pour des éligibles (0,5 TWh cumac). Les objectifs ont été très fortement dépassés par les producteurs de chaleur et froid (383% de l’obligation réalisés), les fournisseurs de GPL (204%) et, dans une moindre mesure, par les fioulistes (168%), les fournisseurs d’électricité (128%) et de gaz naturel (110%). 14.000 opérations ont été réalisées via des conventions. « Il y a quelques obligés, des fioulistes, qui n’ont pas rempli leurs obligations, mais c’est assez rare », souligne-t-on à la DRIRE. « Soit ils ont acquis des certificats, soit ils se sont acquitté de leur pénalité qui était assez minime. »
Depuis la clôture de la première période, quelque 150 dossiers ont été déposés, signe que le mouvement ne faiblit pas.
Les opérations ont concerné pour l’essentiel le secteur résidentiel (85% du total) et le tertiaire: « c’était bien l’objectif initial: réaliser des économies d’énergie dans ces secteurs très diffus et difficilement atteignables ». Le remplacement de chaudières y tient une place considérable: 120.000 chaudières individuelles à condensation installées (17,2 TWh cumac), 180.000 chaudières individuelles à basse température (9,4 TWh cumac), 40.000 logements touchés par l’installation de chaudières collectives à condensation (4 TWh cumac). L’isolation des combles et toitures (plus de 3 millions de m² et 4,3 TWh cumac) sera le princuipal défi de la deuxième période, la DRIRE identifiant comme « un point de blocage » le manque de formation et de disponibilité des entreprises et artisans qualifiés. Elle indique que des actions de recherche et d’innovation dans ce domaine « pourront être valorisés en termes de certificats d’économie d’énergie ».
Deuxième période
Avec 95% des certificats, la DRIRE Ile-de-France a sans doute vocation à devenir le guichet unique des obligés: « cette question est en débat », reconnaît Bernard Doroszczuk, qui y voit deux avantages. D’abord, éviter le double comptage: « ce qui me préoccupe le plus, c’est ça », indique-t-il, au moment où se profile la deuxième période, qui va exiger 5 fois plus d’efforts quantitatifs (mais en intégrant de nouveaux obligés, non négligeables, comme les pétroliers). Ensuite, travailler à une instruction unique: « pour les obligés, il est plus intéressant d’avoir un guichet unique pour présenter leurs programmes que de la présenter dans 22 régions où ils auront éventuellement 22 réponses un peu différentes ». Car la possibilité de travailler par programmes et de cadrer les opérations avec la DRIRE avant leur réalisation suppose un travail de coordination important, « qui serait simplifié s’il y avait un pôle national. La première période était la plus facile. Les chaudières qui ont été remplacées ne le seront plus. Les opérations à venir seront de plus en plus complexes, observe Bernard Doroszczuk. La DRIRE aura toujours un travail de contrôle mais il se doublera de plus en plus d’un rôle d’ingénierie, d’assistance, de conseil… »
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* Le 13 octobre, Pascal Dupuis, chef du service climat et efficacité énergétique à la DGEC, faisait état de 78 TWh cumac délivrés au niveau national au 1er octobre (cf. notre actu du 13/10: Certificats blancs: 78 TWh au 1er octobre).