Après une visite dans les locaux du Sipperec, le groupe de travail de la Commission de régulation de l’énergie consacré aux réseaux s’est rendu dans l’Aube où il a pu rencontrer élus et techniciens du syndicat départemental d’énergie de l’Aube (SDEA). Le but de ce groupe de travail est d’appréhender sur place, en rencontrant des autorités concédantes, la qualité de la distribution d’électricité sur les réseaux publics. Les collectivités locales sont en effet propriétaires de ces réseaux et, à ce titre,organisatrices du service public de distribution. Dans l’Aube, le SDEA fait pour cela appel à deux concessionnaires: ERDF, filiale d’EDF, mais aussi la Sicae de Précy-Saint-Martin (33 communes, 6.000 abonnés).

Joëlle Guinot, directrice du SDEA, a indiqué à ses visiteurs que si « le département est moins mal loti que d’autres (…), il y a un réel désengagement financier d’ERDF (…). Depuis 2002, les investissements d’ERDF sur le réseau Aube ont baissé de 70 % ». De fait, comme dans la plupart des départements français, la qualité de l’électricité se dégrade. Michel Lapeyre, vice-président de la CRE et ancien directeur du SDEA, a souligné qu’en « termes de coupures cumulées, le temps moyen (50 mn) est moindre que le niveau des 3 heures par an, mais il concerne quand même 5.000 à 6.000 usagers ». En fait, c’est le programme de travaux du SDEA (10 millions d’euros par an) qui pallie les défaillances du concessionnaire, ERDF. Le SDEA procède à l’enfouissement ou à la mise en place de fils torsadés (pour remplacer les fils nus) à raison de 300 km chaque année, lorsque ERDF se contente de résorber 30 km de fils nus. 

Le SDEA est particulièrement attentif à l’utilisation des provisions pour renouvellement (55 millions d’euros) qu’il entend voir « dirigées vers un ambitieux programme de renouvellement des réseaux basse tension (BT) et haute tension (HTA) vétustes ».