4Gas a annoncé avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux, le 29 octobre dernier, contre l’Etat français au motif que celui-ci n’a pas renouvelé la convention de réservation d’un projet de construction pour le terminal méthanier du Verdon, en Gironde. Confirmant ainsi les propos tenus le 7 novembre dernier par le secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau, également président du Conseil général de Charente-Maritime. Celui-ci avait alors jugé sévèrement ce recours: « 4Gas ne développait pas un véritable projet économique mais bien un projet purement financier, destiné à être exploité par d’autres. »
Interrogé par l’AFP, Henk Jongman, directeur de 4Gas France, a précisé qu’un recours au fond « a été déposé contre le port de Bordeaux en octobre et contre l’Etat français vendredi ». 4Gas réclame au Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) et à l’Etat français 320 millions d’euros de dédommagements. Il s’agit, indique la société, de compenser les « sommes considérables engagées pour mener à bien les études techniques, juridiques et surtout environnementales, qui devaient conduire la société à obtenir les autorisations nécessaires à la construction et à l’exploitation du terminal méthanier », soit un investissement de 800 millions d’euros. La demande de dédommagement vise aussi « les bénéfices perdus en raison de l’abandon d’un projet lourd ».
La somme de 320 millions inquiète le GPMB dont le chiffre d’affaires tourne en moyenne autour de 45 millions d’euros pour un résultat net de 2 millions. Selon le site WK transport logistique, « Dominique Bussereau, aurait indiqué, le 9 novembre, que « l’État prendra toutes ses responsabilités notamment en termes d’indemnisation de la société 4Gas ». La prudence reste pourtant de mise, aucun engagement écrit n’ayant été acté ».

C’est donc la fin industrielle (mais pas juridique) de ce projet, lancé en 2006, qui suscitait l’hostilité de nombreux élus de la Gironde ainsi que d’une partie de la population. En mars dernier, les opposants avaient même été entendus par la commission des Pétitions du Parlement européen. Le 23 juillet, le commissaire du gouvernement avait annoncé qu’il mettait fin au projet pour des motifs environnementaux.