Nous reproduisons ci-après le discours de Robert Durdilly, président de l’Union française de l’électricité, prononcé lors des voeux de l’organisme patronal, ce jeudi 14 janvier.
(En remerciant l’UFE de son aimable autorisation).
« Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
La tradition des vœux est toujours un moment très agréable dans la vie d’une fédération professionnelle. C’est un vrai plaisir pour moi, ce soir, de vous accueillir et de pouvoir adresser à chacun d’entre vous, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, mes vœux, très sincères, d’excellente année 2010.
Vous êtes nombreux ce soir. Beaucoup d’autres m’ont exprimé leur déception de ne pouvoir être présents. Je voudrai en particulier vous transmettre le message que m’a adressé Henri Proglio qui m’a indiqué ses regrets de ne pouvoir être parmi nous et a adressé à l’UFE, et donc à vous tous, ses vœux de réussite dans l’accomplissement de sa mission.
Ces vœux, sont aussi pour moi l’occasion de tous vous remercier. Vous remercier pour votre implication dans nos travaux ou pour votre rôle dans le développement et le rayonnement de l’UFE. Sans vous tous, et je pense non seulement à nos adhérents et autres producteurs – commercialisateurs non adhérents qui travaillent d’ores et déjà avec nous, mais je pense aussi aux représentants des fédérations syndicales, à nos partenaires industriels, en particulier les autres fédérations professionnelles, mais également aux représentants de l’administration sans oublier la Commission de Régulation de l’Electricité, et enfin d’une manière plus large tous les acteurs impliqués dans notre environnement proche, sans vous tous donc, l’UFE ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.
Grâce à vous, et à tous ceux qui l’ont construite au fil des années, l’UFE acquiert progressivement la stature d’une véritable organisation professionnelle de l’industrie électrique en France.
En particulier, Chers Administrateurs et Adhérents, je tiens, ce soir, à souligner le rôle essentiel que vous jouez au sein de l’UFE.
C’est bien à travers votre action que se réalisent la défense et la promotion du secteur de l’électricité, c’est bien grâce à vous que les positions de la profession sont prises en compte dans les domaines social, économique et industriel.
En 10 ans, nous avons réussi a donné corps à une identité propre à l’UFE construite autour de valeurs et d’une vision partagée de l’avenir de notre industrie. Ce socle que nous avons posé ne s’imposait pas comme une évidence a priori tant notre secteur est soumis à de profondes mutations, mutations qui peuvent même avoir des allures de révolution en ce qui concerne les nouvelles règles du jeu concurrentielles. Certes cette marche en avant se fait souvent sur un chemin sinueux, escarpé, parfois très étroit sur une ligne de crête. Mais la progression est néanmoins réelle grâce à notre recherche permanente des intérêts fondamentaux de la profession.
Merci donc, à nouveau, à vous tous, Administrateurs, Adhérents, mais aussi Permanents qui êtes les relais quotidiens au sein de l’UFE.
Au cours de l’année qui vient de s’écouler, des chantiers très importants et structurants pour l’UFE ont été menés à bien :
– une gouvernance rénovée qui a permis à nos adhérents gestionnaires de réseaux– RTE et ERDF – de trouver toute leur place ;
– une équipe renforcée, notamment sur le volet européen, qui s’est vue dotée de moyens supplémentaires ;
Nous avons ainsi tracé une Feuille de Route pour les prochaines années, fondée sur une conviction : l’électricité sera au cœur du Développement Durable et de la croissance économique de notre pays.
Quatre axes forts vont guider notre action dans les 3 prochaines années :
– la promotion de l’efficacité énergétique et de l’efficacité carbone de l’électricité ;
– la mise en valeur de la filière d’excellence que représente l’électricité à travers l’innovation, la création de valeur et d’emplois ;
– l’organisation d’une concurrence saine et équitable ;
– et, enfin, la préparation de notre branche aux enjeux sociaux à venir en termes de métiers, de compétences et, comme je viens de le dire, d’emplois.
J’entends mener à bien cette démarche avec chacun d’entre vous dans le même esprit de cohésion que celui qui nous a animé tout au long de l’année qui vient de s’écouler.
Je pense-là, tout particulièrement, à notre Vision 2020.
Préparée, confrontée et mûrie au sein de chaque Commission de l’UFE, elle nous a permis de porter un message fort auprès de nos interlocuteurs politiques, économiques et médiatiques.
Elle aura été le fil conducteur de notre premier Colloque annuel qui, je crois pouvoir le redire ici, ce soir, a été unanimement apprécié.
Mais au-delà, notre Vision 2020 fait consensus parce qu’elle offre un chemin construit et réfléchi vers un monde moins carboné. Elle démontre la pertinence de l’électricité dans la lutte contre le changement climatique autour de trois axes forts :
– la réduction des consommations de pointe,
– les transferts d’usages vers une électricité à bas carbone,
– et l’amélioration de la performance CO2 de notre parc de production.
C’est cette Vision que nous avons portée tout au long de nos contributions à des chantiers politiques nationaux majeurs comme la PPI, la Mission Rocard sur la Taxe Carbone, ou bien encore le Grand Emprunt à travers le Club Electricité Durable que nous avons créé, en début d’année dernière, pour valoriser, encore plus, le rôle de toute la filière électrique dans l’économie de notre pays.
A chaque fois, la cohérence de nos arguments a été relevée. Cela montre la crédibilité et la force de notre démarche lorsqu’elle est l’expression de tous les électriciens rassemblés sous la bannière UFE.
Si j’insiste là-dessus, c’est parce que j’ai pu constater, à de nombreuses reprises, lors de mes entretiens et auditions avec les Pouvoirs Publics et l’Administration, l’efficacité d’une position commune de la profession.
Je prendrai, à titre d’illustration, trois ou quatre exemples significatifs:
– les recommandations finales du groupe de travail sur les Enchères de Jean-Michel Charpin, l’été dernier, s’inspirent largement de nos travaux…
– …de même que celles du rapport rendu par le Groupe de Travail gouvernemental de Jean-Louis Legrand sur la Mobilité Electrique.
– autre exemple : la Transparence des données du parc de production électrique : là encore, la mobilisation des acteurs présents au sein du groupe de travail dédié à l’UFE, nous permet de communiquer régulièrement sur nos avancées. Un travail qui est reconnu par la CRE dont les rapports, bien que naturellement critiques car c’est sa fonction, relatent systématiquement ces progrès.
– autre exemple encore de cette cohésion d’ensemble : nos travaux sur Grenelle I et II où le renforcement d’une action concertée entre tous nous permet d’améliorer le succès de nos actions de lobbying sur ces textes majeurs.
L’UFE a, ainsi, été auditionnée à l’Assemblée Nationale, le 16 décembre dernier, par l’OPECST, aux côtés d’EDF, de RTE, de la CRE, et de la DGEC.
Vous connaissez le contexte d’une production très tendue de ce mois de décembre en raison d’une vague de froid qui sévissait depuis plusieurs jours.
J’ai pu rappeler qu’aujourd’hui, dans un marché ouvert à la concurrence, tous les opérateurs – et pas seulement EDF – contribuent à l’équilibre du système électrique par leurs moyens de production, notamment au moment de la pointe de consommation.
Ceci m’a permis de souligner, avec des exemples précis, la solidarité exemplaire dont ils font preuve pour maintenir cet équilibre offre-demande en mettant tous leurs moyens à disposition, dans des conditions financières qui leurs sont, aujourd’hui, plutôt défavorables.
Mon message, au nom de la profession, à l’égard des Pouvoirs Publics, est simple. Il est de faire comprendre qu’actuellement, le système électrique ne rémunère pas correctement:
– d’une part, les moyens de production à la pointe, ce qui est préjudiciable aux investissements ;
– et d’autre part, les offres d’effacement, c’est-à-dire les interruptions volontaires de consommation, ce qui va à l’encontre des objectifs d’efficacité énergétique fixés dans le Grenelle Environnement.
Vous le voyez, c’est un travail constant de coordination entre nous qui permet de faire passer des messages importants et de valoriser, auprès de nos interlocuteurs, notre vision sur nos métiers et nos enjeux. Parler d’une même voix, dans une juste représentation des équilibres, c’est peser beaucoup plus lourd, sans être taxés de parti pris.
C’est l’atout de l’UFE aujourd’hui.
Et c’est celui que nous devons exploiter, encore plus, demain. Et pour cela, je compte, bien sur, sur chacun d’entre vous !
Nous avons, en effet, de gros chantiers devant nous.
Au plan social, tout d’abord. Après un premier semestre délicat, les relations avec nos partenaires sociaux se sont détendues et sont reparties sur de nouvelles bases.
Que nos partenaires soient, ici, sincèrement remerciés pour leur professionnalisme et leur sens des responsabilités.
De même, je tiens à remercier le SGE pour la qualité de ses travaux tout au long de l’année.
Soyez convaincus que l’UFE a une véritable ambition sociale pour la branche et c’est, d’ailleurs, en ce sens que nous avons créé un Comité Social Commun à l’UFE et à l’UNEMIG, aujourd’hui en place, et qui préfigure un fonctionnement plus intégré des employeurs de la Branche. Nous avons dans cette perspective engagée une étude commune à l’UFE et à l’UNEMIG.
Un autre dossier majeur nous attend, aussi, en 2010 : la mise en œuvre d’une nouvelle organisation du marché de l’électricité, souvent baptisée projet de loi NOME.
Il est vrai que la complexité du sujet, ses enjeux, ses implications politiques et industrielles mais aussi la nomination d’un nouveau Président à la tête d’EDF ont justifié d’un certain report du calendrier initialement prévu par le gouvernement pour ce projet de loi.
Je rappelle que nous avons fortement pesé, tout au long de l’année 2009, pour que les recommandations du Rapport Champsaur prennent en compte nos réflexions.
Vous le savez, nous préconisons un modèle de concurrence entre acteurs à dominante intégrés amont – aval, favorisant les investissements industriels qui sont indispensables pour développer le parc de production. Mais il faut aussi un modèle de concurrence, et c’est un message à l’intention des pouvoirs publics, qui envoie le bon signal prix aux consommateurs. Ce signal prix doit intégrer le coût du CO2 afin d’inciter aux économies d’énergie, notamment en période de pointe. Il faut sans doute rénover l’ensemble du dispositif tarifaire :
– d’une part mieux cibler la fonction sociale de protection des consommateurs vulnérables assignés aux tarifs
– d’autre part renforcer l’incitation aux économies d’énergie à travers un signal prix permettant d’agir sur les comportements et sur les investissements.
Nous avons, sur ce dernier point, , été entendus puisque l’UFE est partie prenante du Groupe de Travail sur la Pointe, créé il y a quelques semaines par Jean-Louis Borloo, en vue de faire émerger, concrètement, des solutions pour diminuer ces consommations à la pointe. Ce GT a été aussi l’occasion de faire avancer nos idées sur la création d’un marché de capacités permettant d’assurer le financement des unités de production de pointe ou de rémunérer les effacements.
Nous sommes aussi très présents, sur ce sujet, au MEDEF, et nos travaux ont pu être largement relayés au sein de son Comité Energie. Je me félicite d’avoir pu porter, parallèlement, la parole de l’UFE directement au sein du Conseil Exécutif du MEDEF sur ce sujet comme sur bien d’autres.
Presqu’un an après y avoir adhéré, le MEDEF se confirme, pour nous, comme un lieu de concertation important avec les fédérations représentant les entreprises consommatrices d’énergie.
Face aux ruptures qu’imposera un développement économique sans carbone, il est essentiel que nous puissions partager notre vision d’avenir pour l’électricité avec les autres secteurs industriels français, mais aussi européens.
C’est pourquoi je tiens à renforcer nos liens avec le MEDEF, que ce soit en France ou dans son prolongement européen, Business Europe, mais je souhaite aussi que nous plus présents et plus entendus au sein d’EURELECTRIC à Bruxelles.
L’année qui démarre sera, à nouveau, très intense pour l’UFE. Au-delà des grands sujets d’actualité qui s’annoncent, nous poursuivrons un travail de fond au sein de nos Commissions. Sans vouloir être exhaustif, je citerai :
– la mise en place de notre Observatoire de l’Industrie Electrique qui nous permettra, dès la fin du 1er trimestre, de communiquer, régulièrement, sur notre secteur d’activité ;
– la réalisation de plusieurs études prospectives et, en particulier :
o une sur la compétitivité des entreprises consommatrices d’électricité,
o et une autre sur le potentiel de création de valeur et d’emplois que représente la filière électrique à l’horizon 2020.
Vous l’aurez compris, tous ces dossiers sont une déclinaison de la Vision stratégique que je vous évoquais tout à l’heure :
– celle d’une électricité sans carbone,
– d’une électricité vecteur d’innovation technologique et énergétique,
– et d’un marché concurrentiel équitable et efficace face aux enjeux industriels, économiques et environnementaux auxquels nous devons faire face.
Comme vous le voyez, le travail ne manque pas pour les hommes et les femmes de bonne volonté que nous sommes tous, ici, ce soir.
J’aime à dire que les succès les plus enthousiasmants sont ceux qui émanent d’une volonté collective et d’un projet commun.
Gageons que le chemin parcouru soit porteur de confiance en l’avenir pour continuer à servir ces valeurs fortes auxquelles nous sommes attachés : la promotion de notre industrie comme relais de croissance en France.
A nouveau, permettez-moi de vous souhaiter une très bonne année 2010. ».
————-
Et aussi
L’UFE fait part de la signature d’un « important accord relatif au dialogue social dans la branche des Industries électriques et gazières (…) signé, le 14 décembre 2009, à l’unanimité des partenaires sociaux. Renforçant, notamment, les moyens alloués aux fédérations syndicales représentatives, ce texte donne une nouvelle impulsion au dialogue social des IEG qui avait connu quelques tensions au printemps 2009″.