L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Autorité de sûreté nucléaire ont rendu publics leurs points de situation concernant la centrale de Fukushima-Daichi, ce mercredi 23 mars.
L’IRSN estime que les « réacteurs n°1, 2 et 3 restent dans un état particulièrement critique en l’absence de source de refroidissement pérenne. Les effets liés à la présence de sel dans l’eau injectée pourraient altérer le refroidissement du combustible à très court terme ». En outre, l’Institut se dit « préoccupé » par l’effet du sel sur les « cuves des réacteurs (corrosion, impact sur le refroidissement des coeurs, cristallisation au niveau des échangeurs des circuits de refroidissement normaux après leur remise en service) risque de blocage de soupapes…) ».
De son côté, l’ASN observe que que « les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais Tepco n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours ».
La sitation s’améliore dans le réacteur n° 1, est stable dans le réacteur n° 2, suscite des inquiétudes dans le n° 3: « La vapeur produite dans la cuve au contact du combustible s’évacue dans l’enceinte de confinement qui ne semble plus étanche selon les
indications de pression ; cette perte d’étanchéité serait à l’origine de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement. Une légère augmentation de la température de l’eau dans la cuve a également été observée. »
La température de l’eau des piscines 5 et 6 est contrôlée. L’IRSN constate des appoints dans les piscines 2, 3 et 4 – par des camions équipés de lances à eau ou, (piscine du réacteur n°4) « par un système de bras articulé de façon efficace ; d’autres engins de même type sont attendus sur le site ».
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S’agissant des mesures l’ASN indique que « a radioactivité ambiante relevée le 23 mars, à 13 h (heure locale) par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. Les valeurs de contamination surfacique, relevées dans un quartier de Tokyo, ont sensiblement augmenté du fait de la pluie des 21 et 22 mars. Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 m de la berge, les résultats montrent des niveaux en Iode 131, de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise fixée à 0,04 Bq/cm3. »
En France, l’impact sera très faible: des « masses d’air très faiblement contaminées devraient atteindre aujourd’hui la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes », précise l’ASN. « Aucune mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer. »
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