De nouveaux signes de contamination radioactive ont été enregistrés à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. De l’iode radioactif à un taux 10.000 fois supérieur aux normes légales aurait été détecté (une estimation que Tepco a ensuite démentie sans avancer d’autre chifffre) dans une nappe d’eau souterraine, qui s’ajoute aux mesures de l’eau de mer effectuées hier avec une très porte présence d’iode 131.

Dans la nappe d’eau, située à quelque 15 mètres en dessous du réacteur no 1, un taux de 430 becquerels par cm3 a été détecté.
Un porte-parole de l’Autorité de sûreté ((Nuclear and industrial safety agency) a admis qu’il était possible que les contamination de l’eau de mer se poursuive: « nous devons vérifier cela ». tout en réitérant qu’il n’y avait pas de danger immédiat pour la chaîne alimentaire. depuis plusieurs jours, la pêche est interdite dans un rayon de 20 km autour de la centrale.

Dans une conférence de presse, le gouvernement a indiqué qu’un taux de radioactivité anormal avait été détecté dans de la viande de boeuf, issue d’une cheptel élevé de la préfecture de Fukushima, sans que celui-ci présente toutefois des risques pour la santé.
La NISA a à nouveau averti Tepco, lui reprochant de ne pas assez prendre en compte la sécurité de ses employés, après avoir constaté qu’ils n’étaient pas tous équipés de dosimètres. L’opérateur a assuré qu’il prendrait les mesures nécessaires.

Les Japonais étudient également « l’option Tchernobyl », c’est-à-dire la création d’un sarcophage en béton. A cet effet, la société allemande Putzmeister va expédier la « plus grande pompe à béton, utilisée pour la construction d’une usine américaine de combustible nucléaire MOX (mixed oxide fuel) ». Son « bras » peut « s’étendre de 70 mètres, et peut être contrôlé à distance, ce qui en fait un matériel idéal dans les conditions d’environnement radioactif tel que celui rencontré autour de la centrale nucléaire japonaise ».

La survie de Tepco, malgré la négociation de prêts de l’ordre de 2.000 milliards de yens (17 milliards d’euros) reste compromise. A cet effet, Yukio Edano, porte-parole du gouvernement, « a expliqué vendredi que l’Etat pourrait financer la compagnie pour l’aider à affronter les problèmes de la centrale Fukushima Daiichi (Fukushima N°1) et assurer un approvisionnement d’électricité suffisant à Tokyo qu’elle dessert. « Il s’agit d’une option que nous n’excluons pas », a-t-il déclaré ».

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Après les épinards, l’Ipad ?
Selon le site Silicon.fr, la radioactivité de composants électroniques produits au Japon pourrait conduire à… contaminer l’Ipad. S’appuyant sur les analyses et les photos du « NLTU (Nuclear laboratory Texas university), un laboratoire indépendant qui mesure notamment la sécurité des centrales nucléaires (…). «Nous avons relevé des traces de composants radioactifs dans des semi-conducteur type microprocesseurs et mémoire Flash», déclare David Solobolovsky, directeur de recherche du NLTU (…). Les photos que publient l’organisme scientifique sur son site laissent d’ailleurs à penser qu’il s’agit d’un processeur A5 qui équipe l’iPad ».

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Mobilisation nucléaire internationale
Hier, Nicolas Sarkozy s’est rendu en visite officielle au Japon. Il a « souligné la nécessité de mettre en place « avant la fin de l’année » des normes internationales de sécurité dans le domaine nucléaire (…). L’aide française a commencé à se matérialiser par des consultations avec des spécialistes du nucléaire français qui sont arrivés également ce jeudi à Tokyo, accompagnant la ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet et chargés de faire un état des lieux des besoins japonais. La France propose son savoir-faire dans le domaine du pompage d’eaux radioactives, une condition indispensable avant le redémarrage électrique de la centrale de Fukushima. Paris se prépare également à envoyer des robots capables de manoeuvrer dans la centrale endommagée, là où la présence humaine devient très difficile en raison du très haut degré de radioactivité. Ce souci de sécurité a permis une nouvelle fois au président français de promouvoir les réacteurs de troisième génération EPR, élaborés par Areva. La P-DG du géant de l’atome Anne Lauvergeon est également arrivée à Tokyo mercredi avec des spécialistes des questions de sécurité… »
De leur côté, les États-Unis devraient dépêcher 140 spécialistes militaires experts en radiations nucléaires pour aider Tepco et les autorités japonaises à lutter contre ces radiations.

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Et…
En Allemagne, « le numéro deux allemand de l’énergie RWE a annoncé vendredi avoir porté plainte contre la fermeture forcée de l’un de ses réacteurs nucléaires, décidée par le gouvernement allemand dans le cadre d’un moratoire sur l’atome. « Les centrales nucléaires allemandes remplissent les conditions de sécurité en vigueur. Il manque un fondement juridique pour leur arrêt », a fait valoir le groupe dans un communiqué ».