L’électricité aurait été rétablie dans le réacteur n° 2. Cependant, les systèmes de refroidissement ne sont pas encore réactivés. Tepco doit encore procéder à différents contrôles avant de réalimenter ces équipements. Il faut en outre éviter un possible court-circuit.
Tepco a fait savoir qu’il faudrait peut-être attendre plusieurs jours pour réalimenter en électricité les réacteurs n°3 et n°4.
Les réacteurs 5 et 6 sont hors de danger, ont annoncé les autorités japonaises, indique l’AIEA.
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L’ASN a publié ce dimanche 22 mars, un point sur la situation, qu’elle qualifie de « grave et précaire » de la centrale nucléaire de Fukushima-Daichi.
« La situation reste grave et précaire. Depuis plusieurs jours, il n’y a pas eu d’évolution significative au plan technique. Les rejets radioactifs se poursuivent, en particulier en raison d’opérations de décompression volontaire des enceintes de confinement.
L’utilisation de canons à eau a pour l’instant permis d’éviter un scénario de relâchements radioactifs majeurs à partir des piscines de refroidissement. Toutefois la situation reste fragile, en particulier sur la piscine du réacteur n°3 dont le délai de découvrement du combustible est le plus faible si l’apport d’eau cessait.
La situation des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. Il est toujours nécessaire de procéder périodiquement à des décompressions volontaires des enceintes de confinement et donc à des rejets radioactifs.
L’exploitant TEPCO poursuit ses efforts pour rétablir l’utilisation des moyens normaux de refroidissement. Une ligne électrique à haute tension a pu être posée jusqu’à la centrale. Selon les dernières informations dont l’ASN dispose, les équipements électriques n’ont pas encore été remis en service.
Cet accident grave a déjà conduit à des rejets radioactifs importants qui se poursuivent. Quelle que soit l’évolution de la situation, le Japon aura à gérer, dans la durée, les dépôts de radioactivité consécutifs à ces rejets.
Les actions de protection des travailleurs et de la population et la gestion de la contamination des sols sont de la responsabilité de l’exploitant TEPCO et des autorités japonaises.
Les niveaux de rayonnement sur site limitent fortement les possibilités d’intervention humaine.
Le 16 mars, l’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale a été mise en œuvre et les autorités japonaises ont maintenu la demande de mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Pour rappel, le survol de cette zone avait été interdit le 15 mars.
La radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations.
Les rejets ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux. Cette contamination a été mesurée dans certains échantillons de lait et de légumes feuilles.
Enfin, des modélisations ont été faites par l’IRSN sur la diffusion du panache radioactif dans l’hémisphère nord. Selon l’IRSN, les retombées radioactives sur l’ensemble du territoire français seront sans conséquences sanitaires et environnementales. »
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Plus tôt, ce dimanche matin, à 6 h, l’IRSN a publié un point de situation, assorti d’un document photographique résumant l’état des bâtiments sur le site.
L’IRSN indique que « la connexion d’un câble au transformateur provisoire du réacteur n°2 a été réalisée (mais que) l’alimentation
électrique du réacteur lui-même n’est pas encore effective. Le réacteur n°1 pourrait être réalimenté le 20 mars à partir du réseau électrique commun aux réacteurs 1 et 2″.
Piscines
L’IRS évoque une possible fuite de la piscine du réacteur n°1.
La piscine n° 2 « est en ébullition » mais l’IRSN précise n’avoir que « peu d’information récente sur cette piscine ». Dans la piscine n°3, « une première ébullition a été stoppée par l’appoint en eau par hélicoptères et lances à eaux sur camion ». En outre, « l’IRSN estime que la « dalle anti-missile située à la verticale de la cuve et de l’enceinte de confinement a dû être détruite lors de l’explosion hydrogène du 14 mars 2011. Si les ouvrages qui supportent cette dalle ont également été touchés, il est envisageable, outre les fuites éventuelles, que le niveau d’eau maximal possible au dessus des assemblages combustibles entreposés dans la piscine soit diminué (dans le pire cas : 1 mètre au dessus du haut des assemblages). Ceci expliquerait les débits de dose très importants au droit du bâtiment et confirmerait les efforts pour maintenir en eau cette piscine. Un appoint de 2000 tonnes d’eau a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 mars pendant 9 heures ».
Dans la quatrième piscine, « une première ébullition a été stoppée par l’appoint en eau par hélicoptères et lances à eaux sur
camion ». L’IRSN observe une « nette baisse » de la température de l’eau de la piscine n° 5 tandis que celle de la piscine n°6 « est stable ».