> Selon l’Agence de sûreté nucléaire japonaise, les niveaux de radiations très élevés détectés hier 23 mars dans l’eau de la turbine du réacteur n° 3 proviendraient non pas d’une fuite de la cuve du réacteur mais du coeur même du réacteur.
En fin de journée (heure française), Tepco a annoncé « avoir commencé à déverser de l’eau douce dans les cuves des réacteurs n°1 et n°3″ et espère « pouvoir faire de même dans le réacteur n°2 très prochainement. » (Reuters)
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Lors d’une conférence de presse diffusée sur la chaîne NHK, le Premier ministre japonais a déclaré que le pays n’était pas encore en mesure d’être optimiste, concernant cet accident nucléaire. La situation reste « imprévisible », a-t-il énoncé.
« Japon : les éoliennes offshore ont résisté et fonctionnent ». Sous ce titre, le blog Les énergies de la mer signale un article du Huffington Post dans lequel il est indiqué « que toutes les éoliennes japonaises actuellement en fonction ont survécu au tremblement de terre, y compris les turbines semi-offshore situées à proximité de l’épicentre du séisme comme celle de Kamisu (photo) située à 300 km de l’épicentre. Ce dernier parc a aussi résisté au tsunami, validant du même coup les normes anti-sismiques qui ont présidé à son élaboration, comme sans doute les plus fiables du monde ! Plus : ce sont les parcs éoliens japonais qui pendant la défection de la centrale nucléaire de Fukishima assurent l’alimentation en électricité de la région de Tokyo. »
L’ASN et l’IRSN ont diffusé un nouvel état des lieux de la centrale de Fukushima-Daiichi, ce vendredi 25 mars.
Pour l’ASN, « la situation reste précaire » et pour l’IRSN, « es réacteurs n°1, 2 et 3 restent dans un état particulièrement critique en l’absence de source de refroidissement pérenne ». Il estime d’ailleurs que « cette précarité devrait durer des semaines voire des mois compte tenu de la difficulté évidente à mettre en place des moyens stables d’évacuation de la puissance résiduelle. L’IRSN examine les scénarios d’aggravation possible de la situation, notamment les scénarios envisageables en cas de rupture de la cuve du réacteur n°3. Il sera difficile de démontrer la réalité d’un tel scénario mais l’impact en termes de rejets radioactifs dans l’environnement est en cours d’examen ».
L’ASN observe des progrès « sur le refroidissement de la piscine n°4. L’exploitant TEPCO a indiqué que la réalimentation électrique a permis de récupérer le système de refroidissement de la piscine commune ». De son côté, l’IRSN indique que « la température de l’eau a baissé ».
L’ASN fait état d’une « diminution de la température et de pression à la suite des opérations de renforcement du refroidissement engagées », dans le réacteur n°1, précisant cependant que la fiabilité de ces mesures (fournies par Tepco) « n’est pas confirmée ». L’IRSN souligne que » pour la première fois, une fumée blanche est apparue sur le réacteur n°1, au dessus de la piscine ».
Tepco « poursuit par ailleurs l’injection d’eau de mer pour refroidir les réacteurs n°1, 2 et 3. Une tentative d’alimentation du réacteur n°3 en eau douce a échoué, vraisemblablement en raison des conditions radiologiques d’intervention ».
Pour l’IRSN, la température de l’eau des piscines 2, 5 et 6 n’est pas préoccupante.
Point IRSN sur le réacteur n° 3
« L’injection d’eau de mer dans la cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du coeur qui reste cependant partiellement dénoyé. L’enceinte de confinement ne semble plus étanche selon les indications de pression ; cette perte d’étanchéité serait à l’origine de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement. Les dégagements de fumées constatés le 23 mars se sont arrêtés. L’IRSN analyse les causes potentielles de défaillance du confinement du réacteur n°3. Une des hypothèses examinée par l’IRSN concerne l’éventualité d’une rupture de la cuve suivie d’une interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de l’enceinte de confinement. L’impact en termes de rejet dans l’environnement est en cours d’examen. Trois opérateurs ont été contaminés le 24 mars dans le bâtiment turbine du réacteur n°3. Les travaux de vérification des matériels ont été interrompus. Ces travaux visent à rétablir une alimentation du réacteur en eau douce. »
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Contamination au Japon
« La radiation accumulée en 24 heures à 30 kilomètres au nord-ouest de la centrale nucléaire de Fukushima dépasse la dose annuelle de radioactivité naturelle, a déclaré vendredi le ministère des Sciences japonais » (Ouest-France).
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L’ASN estime que « les rejets provenant de la centrale de Fukushima Daiichi ont entraîné des dépôts de radioactivité au sol et sur les végétaux, y compris au-delà de la zone d’évacuation (20 km) et de mise à l’abri (30 km). Les premières mesures réalisées par les autorités japonaises indiquent une contamination en iode 131 et en césium 137 de l’eau, des végétaux et des aliments, conduisant à dépasser dans certains cas les valeurs admissibles pour les denrées alimentaires définies par la réglementation japonaise. Les valeurs les plus élevées sont relevées dans les légumes à feuilles comme les épinards ».
En outre, indique Ouest-France, « un niveau anormalement élevé de radioactivité a été détecté pour la première fois dans des légumes provenant de Tokyo, a indiqué le ministère japonais de la Santé, cité vendredi par les médias. Du césium radioactif, à un niveau excédant la limite légale, a été découvert jeudi dans un légume à feuilles vertes, le komatsuna, cultivé dans un centre de recherche d’Edogawa, à la périphérie de Tokyo et à 250 km de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a précisé la chaîne publique NHK ».
S’appuyant sur les mesures de « la balise Téléray installée au niveau de l’Ambassade de France », l’ASN observe que « la radioactivité ambiante dans la région de Tokyo n’a pas sensiblement augmenté depuis le 21 mars et demeure faible ».
Le nuage
L’ASN souligne que « la radioactivité émise par la centrale de Fukushima au Japon s’est répandue et s’est diluée dans la plus grande partie de l’hémisphère Nord » mais rappelle qu’aucune « mesure de précaution particulière n’est à prendre pour le public ou les personnes fragiles tant en France métropolitaine que dans les départements et territoires d’outre mer ».
> L’IRSN détaille les résultats en France (métropole, outre-mer), en Californie, Scandinavie…, dans une « synthèse des résultats des mesures de la radioactivité dans le cadre de la surveillance de l’impact à très longue distance des rejets de l’accident de Fukushima (25 mars 2011 – Point à 12h00)« .
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Point presse de l’ASN, vendredi 25 mars
25.03.2011 – 10h30 – Point d’information de l’ASN par ASN_Publications