Les taux de radioactivité ont encore progressé au Japon. Ainsi, le taux d’iode mesuré dans l’eau de mer à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi s’établit désormais 4385 la limite légale.
> Cliquez ou ici pour consulter les taux récemment relevés.

Dans le village d’Itate, à 40 km de la centrale, l’IAEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a mesuré des radiations particulièrement élevées. Denis Flory, chef du département de sûreté et sécurité nucléaire, a déclaré que « les premiers résultats indiquent que l’une des valeurs limites justifiant une évacuation, selon les recommandations de l’AIEA, a été dépassée » dans ce village. « Nous avons conseillé (aux Japonais) d’évaluer avec soin la situation et ils nous ont indiqué que l’évaluation était déjà en cours », a-t-il ajouté L’agence de sûreté nucléaire et industrielle (Nuclear and industrial safety agency – NISA) a indiqué que le gouvernement japonais devrait s’interroger sur la possibilité d’élargir la zone d’évacuation, ce que Greenpeace estime nécessaire depuis lundi. L’association écologiste « a dit détenir des informations confirmées faisant état de taux de radiation justifiant une évacuation dans ce village situé au nord-ouest de la centrale. Mais l’agence de sûreté nucléaire nippone a repoussé lundi un appel de l’organisation écologique en faveur de l’élargissement de la zone d’évacuation. »

Yukio Edano, chef de cabinet et porte-parole du gouvernement, a indiqué qu’il n’y avait pas « de plans immédiatement » pour procéder à des évacuations, mais que cela faisait partie des étapes à envisager: « nous allons continuer à suivre le niveau de radiation avec la plus grande vigilance et nous prévoyons de prendre des mesures si nécessaire ».

Sur son blog, Denis Delbecq commente une actualité sordide de Kyodo News: « un millier de corps de victimes du séisme ou du tsunami ont probablement été abandonnés, dans le périmètre d’évacuation de 20 km autour de la centrale nucléaire accidentée. Abandonnés par crainte d’une contamination des personnels, notamment après la découverte de niveaux élevés de radiations sur un corps, dimanche dernier ».

Sur le site Cryptome.org, on peut regarder des photos aériennes haute résolution de la centrale dévastée.

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Anne Lauvergeon et plusieurs experts d’Areva sont arrivés au Japon pour tenter de trouver des solutions avec Tepco. Nicolas Sarkozy, en visite en Chine doit également se rendre au Japon. Il a souhaité que la sécurité des installations nucléaires figure à l’ordre du jour du G20 en mai prochain. Il s’agirait de définir une « norme de sûreté nucléaire internationale ».
On appréciera à leur juste mesure ces gazouillis de Steve Hermann, reporter de Voice of America:
« VOA does have reporter in Tokyo & @martyn_williams en route to Tohoku so we’re still fearless ( at least compared to the French). »
– « This raises question of whether French press will report from Osaka on Sarkozy visit to Tokyo today.
#Japan« 

Et aussi

Selon des propos rapportés par The Daily Telegraph, Nick Clegg, vice-premier ministre du gouvernement britannique, estime « que l’étude confiée au patron de l’Autorité de sûreté nucléaire britannique après la catastrophe au Japon allait entraîner des règles plus contraignantes et plus coûteuses, qui allaient faire grimper le coût des futurs réacteurs à des niveaux exorbitants. »

Sans oublier
Auditionné hier à l’Assemblée Nationale, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, a estimé que, « depuis l’accident de Fukushima, «on n’est plus dans le même monde» », du point de vue de la sécurité. « «Je crois que plus personne ne va désormais nous reprocher des exigences trop élevées pour la sûreté nucléaire». (…) A l’occasion de contrats manqués d’Areva à l’étranger, ou de l’affrontement entre EDF et l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs sur le coût du futur stockage souterrain de Bure, l’ASN avait été accusée d’en vouloir «trop». Trop de sûreté. Trop de précautions ».

Le président de l’ASN a également fait savoir que la question d’un moratoire pourrait se poser pour l’EPR de Flamanville. « Je pense que si la question d’un moratoire se pose, et nous nous la posons, ce sera sur la construction de Flamanville 3 (…). C’est typiquement le genre de réflexion que nous aurons dans les prochains mois » (Reuters).