Tout électrique? Sans doute. En gardant un pied, pardon une roue, dans l’essence. Evidemment. Tandis que Renault multiplie les annonces autour de la voiture électrique, la question qui agite les paddocks, c’est celle de son éventuel retrait de la compétition automobile de formule 1. Ce départ signerait un nouveau coup dur pour la Formule 1, qui souffre déjà de l’annonce du retrait de Honda, BMW et Toyota. Il faut dire qu’à l’ère des batteries au lithium et des moteurs silencieux, s’afficher dans la compétition la plus anti-Grenelle qui soit (encore que, il doit bien y avoir d’autres sports mécaniques dignes de rivaliser avec la F1) pourrait à terme générer des « retours image » négatifs. Selon Automoto.fr, Carlos Ghosn serait prêt à « continuer l’aventure », mais à condition que « les responsables du Team Renault F1 (dénichent) un sponsor capable de verser un chèque de 30 millions d’euros ». Quoi qu’il advienne, une décision sera prise avant la fin de l’année, a promis le PDG.

To be électric or not to be electric?
Un « clic » dans les actus google consacrées à Renault met en avant ce paradoxe. Les articles alternent entre le tout électrique et l’épineuse question de la Formule 1. Le 5 novembre, Renault fait « le pari de la mobilité durable pour tous » en annonçant, pour 2011-2012, le lancement d’une « gamme complète » de véhicules électriques. Il y a quelques heures, le constructeur annonce qu’il fabriquera son véhicule urbain, la Twizy ZE, à Valladolid en Espagne, après avoir indiqué que la ZOE ZE Concept sera produite à Flins, site ou devrait être construite une usine de batteries lithium-polymère pour véhicule électrique, en partenariat avec le CEA et le FSI. Sans oublier la production de l’utilitaire électrique Kangoo à Maubeuge… Ouf!

Mais bon, ce qui compte vraiment, c’est la Formule 1, non? Et si Renault les peignait en vert ses monoplaces? Paradoxe? Oui, paradoxe. Car si Renault décidait de garder un pied dans la Formule tout en produisant en série des voitures électriques, nous serions dans un greenwashing inversé, une sorte de fuelwashing inédit. Et si l’avenir du marketing était dans le trash, dans le grenello-incompatible?

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To be or not to be ? Shakespeare à Tombstone (My Darling Clemetine, John Ford).