Sur le site d’Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle, se trouve son programme qui comprend de nombreuses mesures en matière d’énergie au sens large.
« Ni nucléaire, ni effet de serre : engageons la transition énergétique
– Réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport à 1990, pour limiter le réchauffement de la planète sous les 2°C. Engager tous les territoires et les secteurs d’activités, en commençant par l’agriculture, à anticiper et à s’adapter dès à présent aux changement climatiques.
– Organiser la sortie du nucléaire en 20 ans. Créer un pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales, pour maintenir ainsi les emplois dans la filière.
– Faire de la France un leader industriel des énergies renouvelables, en produisant 40 % de notre énergie par des sources renouvelables dès 2020 (hors carburant).
– Rénover un million de logements par an, d’ici 2020, au niveau « basse consommation d’énergie », en commençant par ceux dans lesquels vivent les huit millions de personnes en situation de précarité énergétique. Les bâtiments publics seront tous rénovés d’ici 2030. Ce plan permettra la création de 400 000 emplois d’ici 2020 dans le secteur du BTP.
– Investir quatre milliards d’euros par an dans les transports alternatifs à la voiture et au camion, en commençant par améliorer la qualité et l’offre de trains sur le réseau ferré local, et en développant le fret ferroviaire.
Préserver la nature et les paysages
– Promouvoir la forêt française dans ses fonctions écologiques, paysagères, sociales et économiques. Pour ce faire, l’Office National des Forêts rompra avec sa dérive commerciale et verra ses missions de service public garanties.
Une loi d’urgence écologique pour l’excellence environnementale
– Objectif “Triple zéro” : zéro OGM, zéro gaz de schiste, zéro autoroute supplémentaire (incluant les grands contournements des agglomérations).
– Un moratoire sur l’ensemble des grands projets pharaoniques. Des évaluations permettront de les revisiter ou de les abandonner, à commencer par l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
– L’objectif zéro artificialisation nette du territoire d’ici 2025. Un observatoire de la consommation foncière publiera chaque année les chiffres de l’artificialisation, et une fiscalité spécifique sera créée.
– Le développement d’une nouvelle politique de la mer. Cette politique portera la protection sociale des marins, la sécurité maritime, la création d’un corps européen de garde-côtes, la promotion de nouveaux navires plus sûrs et plus économes en énergie, ou encore la promotion du cabotage. D’autre part, pour restaurer les ressources halieutiques, des « contrats territoriaux de pêche durable » seront lancés avec les pêcheurs, un label public “pêche durable” sera créé, et l’aquaculture durable sera soutenue.
– La refonte de la législation sur les déchets, avec un plan de fermeture progressive des incinérateurs, à mesure de la montée en puissance des filières alternatives. Le suivi des déchets de construction sera mis en œuvre pour garantir leur tri et leur recyclage.
Garantir un revenu décent, réduire les factures, redonner du pouvoir d’achat
– Une tarification progressive de l’électricité, du gaz et de l’eau pour garantir à toutes et tous l’accès élémentaire à ces biens, favoriser les économies tout en décourageant le gaspillage.
– Une stratégie nationale contre le gaspillage : extension du système de bonus-malus aux produits électroménagers, allongement de la garantie des produits, soutien au secteur de la réparation, etc.
Un toit, c’est un droit
– Construire chaque année 500 000 logements, à basse consommation d’énergie, dont 160 000 logements vraiment sociaux. Nous renforcerons les exigences et les sanctions de la loi SRU, passant à 25 % de logements sociaux dans les communes, et même à 30 % en Île-de-France. Le préfet se substituera aux maires dans l’illégalité et réquisitionnera les terrains, bâtiments et logements laissés à l’abandon dans les villes, pour en faire des logements. Par ailleurs, la taxe sur les logements vacants sera augmentée et appliquée aux bureaux.
Une fiscalité plus simple, plus juste, plus écologique
– Notre système fiscal est injuste : grâce aux niches et aux cadeaux fiscaux, les personnes les plus riches paient, en proportion de leur revenu, moins d’impôts que les classes moyennes, et les grandes entreprises moins d’impôts que les PME. Dans le même temps, l’État continue à dépenser des milliards pour subventionner la pollution et n’applique toujours pas le principe pollueur-payeur, qui demeure pourtant un puissant levier de la transformation écologique de l’économie. La France fait aujourd’hui partie des mauvais élèves de l’Europe en matière de fiscalité écologique. Elle doit devenir demain la référence sur ces questions.
– Établissement d’une contribution climat-énergie. 50 % de son produit sera utilisé pour financer des investissements publics écologiques (transports collectifs, services publics locaux de la maîtrise de l’énergie, etc.). Le reste sera redistribué sous forme de “chèque vert” aux Françaises et aux Français les moins favoriséEs.
– Instauration de la bioconditionnalité des aides publiques : aucune subvention ne pourra être versée pour des projets contraires aux objectifs environnementaux. Les dépenses publiques considérées néfastes pour l’environnement seront progressivement supprimées (exonération de la TVA sur le kérosène, TVA à taux réduit sur les pesticides, etc).
Une Europe politique pour sortir de la crise
– La France soutiendra l’instauration d’une préférence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe : les produits entrants sur le marché commun devront respecter les normes environnementales et les normes sociales internationales de l’Organisation Internationale du Travail.
En finir avec la fracture Nord-Sud et la Francafrique
– Pour améliorer la sécurité internationale, la France doit faire des propositions diplomatiques et technologiques ambitieuses afin de progresser vers l’objectif d’un monde dénucléarisé. Pour enclencher un cercle vertueux de désarmement multilatéral, elle doit arrêter les programmes de modernisation de son armement nucléaire et de ses vecteurs. La France lèvera par ailleurs le secret défense sur les essais nucléaires en Algérie et en Polynésie et leurs conséquences sur les populations et l’environnement. La loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français deviendra effective.
Salariés, usagers, ONG : un cinquième pouvoir citoyen
– Instaurer un droit à agir en justice pour un groupe de citoyens (class action) à l’image de ce qui existe notamment au Canada ou dans plusieurs pays européens.
– Renforcer le rôle des usagerEs au sein des institutions et des entreprises qui jouent un rôle directeur en matière de transports, énergie ou santé (SNCF, CEA, EDF, agences sanitaires…)
– Promouvoir une démocratie sociale digne de ce nom. Comme en Allemagne, les représentantEs des salariéEs doivent être associéEs aux décisions stratégiques, avec 50 % des sièges dans les conseils d’administration. »
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Voir aussi:
– Présidentielle: les propositions énergie de Nicolas Sarkozy;
– Présidentielle, l’agenda énergie de François Hollande.