L’annonce par le Meeddm des nouvelles conditions d’achat de l’électricité produite par des panneaux solaires photovoltaïques ainsi que l’annulation des demandes d’achat de l’électricité formulées entre le 1er novembre et le 31 décembre 2009 « et n’ayant pas fait l’objet d’une demande complète de raccordement au réseau public le 11 janvier 2010 » a suscité analyses et exégèses toute la journée. Elle entraîne aussi la réaction des Chambres d’agriculture qui « regrettent vivement l’évolution à la baisse des tarifs de rachat de l’électricité sur les bâtiments agricoles », observant que « seules les installations «intégrées» sur les bâtis agricoles déjà «existants» bénéficieraient d’un tarif réduit à 50 cts€/kWh ». En conséquence, elles « réclament que les projets d’installations intégrées sur des bâtiments agricoles futurs, dont l’usage professionnel est justifié, puissent aussi bénéficier de ce tarif ». Elles déplorent également les tarifs dédiés aux « installations sur bâti avec intégration simplifiée (42cts€/kWh) et les installations au sol (31,4cts à 37€/kWh) », estimant que « la différence de tarif amènera les porteurs de projet à se diriger préférentiellement sur des centrales aux sols. Ceci va complètement à l’encontre des objectifs de préservation du foncier agricole prévus dans la Loi de Modernisation Agricole portée par le Ministre de l’Agriculture ».
Enfin, les Chambres d’agriculture demandent à l’Etat de revenir sur sa décision d’annulation de demandes de contrats « dans le but de respecter les engagements pris durant cette période par les agriculteurs souhaitant développer les énergies renouvelables dans leur exploitation ». Cité dans le communiqué, Luc Guyau dit comprendre « qu’il faille faire le tri entre des projets durables et les projets spéculatifs, mais (souhaite) d’abord que soient couverts tous les toits de France avant de s’attaquer aux terres dont la planète a besoin pour se nourrir» ».
Interrogé par l’AFP, Dominique Barraut, secrétaire général de la FNSEA, a exprimé une position similaire: « la Fédération nationale des exploitants agricoles n’est pas du tout contente de l’arrêté pris par le gouvernement (…). On pourrait être payé 50 centimes sur un bâtiment existant mais si je construis un nouveau bâtiment le prix descend à 42 centimes. C’est anti-incitatif pour les jeunes ».
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Tarifs d’achat photovoltaïques : » la nouvelle prime d’intégration simplifiée au bâti ferme le marché « . Dans un entretien au Moniteur, Marc Jedliczka, directeur général d’Hespul, revient sur les tarifs annoncés. « Une des conditions nécessaire pour bénéficier de la prime d’intégration simplifiée au bâti, lors de la vente d’électricité d’origine solaire, est que « le système photovoltaïque remplace des éléments du bâtiment qui assurent le clos et couvert, et assure la fonction d’étanchéité ». Pour le directeur général d’Hespul, elle empêche l’émergence d’un marché du photovoltaïque en France (…). Marc Hespul y voit une condition « incroyablement vicieuse ».