Les mots sont choisis: des représentants de la filière photovoltaïque appellent à la création « d’un collectif de sauvegarde », en réaction à la publication du décret du 9 décembre.

Dans une lettre adressée aux membres du collectif, Pascal Martin, par ailleurs gérant de la société Armorgreen*, estime que ce décret « menace violemment toute la jeune filière solaire du Grand Ouest, au point que des mesures de réduction de personnel devront être prises dès janvier 2011 ». Selon lui, le « contenu du décret entraîne une diminution immédiate des plans de charge de nos entreprises allant de 30 à 70%  et il est clair qu’aucune jeune société ne saurait supporter un tel choc sans mesures drastiques ».

La missive s’attaque explicitement à la filiale d’EDF spécialisée dans les énergies renouvelables: « en voulant stopper la spéculation de grands opérateurs, au premier rang desquels EDF énergies nouvelles, filiale à 50% d’EDF, participation à 85% de l’Etat français, qui ont créé une file d’attente de 4.000 MW, le gouvernement frappe en fait de plein fouet tout un tissu de PME : celles qu’il a appelées de ses vœux avec le Grenelle de l’environnement il y a tout juste 3 ans ».

Pascal Martin  estime que les petites entreprises ne doivent pas être confondues « avec des spéculateurs peu scrupuleux », compte tenu des conséquences que le moratoire aura en termes d’emplois. « Afin d’éviter un scénario aussi catastrophique, nous demandons tout simplement à ce que tous les projets ayant fait l’objet d’une demande de raccordement complète auprès des services d’ERDF avant le 2 décembre 2010 (et qui constituent notre plan de charge du premier semestre 2011) ne soient pas annulés. Nous sommes bien évidemment favorables au principe d’un moratoire sur toutes les demandes de raccordements ultérieures à cette date et à l’ouverture de discussions avec les pouvoirs publics pour mettre en place des mesures permettant de mieux piloter cette filière ».

Le collectif organise une conférence de presse régionale le jeudi 16 décembre, à Rennes.

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* Outre Armorgreen, le collectif regroupe les sociétés Solewa, Quenea, NRJbio, IEL Energie et Briand énergies. Ces PME représentent « 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 300 salariés ».