Afin de mieux comprendre le mécanisme des « obligations catastrophe » d’ERDF (cf. notre actu du 18 août 2011), nous avons publié un questions-réponses à Natixis.
Nous complétons cette analyse avec le point de vue de Christian Escallier, directeur général du Cabinet Michel Klopfer, sur cette opération.

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« L’originalité du dispositif est de combiner deux opérations d’ordinaire séparées : financement et assurance.

ERDF émet 150 M€ d’obligations sur 5 ans et perçoit donc immédiatement les liquidités correspondantes. Si tout se passe bien, c’est-à-dire en l’absence de tempête, il rembourse ces 150 M€ en 2016. C’est l’opération de financement.

En cas de tempête, il conserve tout (ou partie ?) des 150 M€. Les investisseurs ne sont alors pas remboursés. L’assurance aura été exercée.

En rémunération du service d’assurance, ERDF paie un taux d’intérêt beaucoup plus élevé que s’il émettait des obligations classiques : le coût moyen pondéré des deux tranches émises ressort à environ Euribor + 7,50% (peu ou prou ce que paie le Portugal). L’Euribor est un index courant de détermination des taux variables, qui gravite ces temps-ci autour de 2%.

Sur de la dette « classique », ERDF paierait un ordre de grandeur d’Euribor + 1,00%.

La différence entre la marge d’ 7,50% acquittés dans ce montage mixte et celle d’ 1,00% sur financement banal reflète la prime d’assurance : 6,50% de 150 M€ = 10 M€/an.

10 M€/an, soit 50 M€ de primes versées en 5 ans pour assurer un risque unique de 150 M€ … C’est significatif, mais le risque de tempête l’est aussi. Il faudrait comparer ce coût à celui des assurances traditionnelles (si elles sont encore accessibles).

Retenons un point positif de tout cela : ERDF aurait reçu l’aval de sa maison-mère pour emprunter !!! Hélas, il faudrait plus que 150 malheureux M€ de ressources pour lui permettre de respecter enfin la trajectoire (indicative) d’investissement que la CRE lui a assignée dans le cadre TURPE 3… »