Le nucléaire en trois points ce matin.

1 > Aujourd’hui, EDF met 500 mégawatts aux enchères. Selon Le Figaro, GDF Suez ne participerait pas à celles-ci, considérant que le prix (45 euros le mégawatt) est trop élevé. De sources officieuses et diverses, les dernières enchères n’auraient pas été favorables à tous les acheteurs… Aaah, l’angoisse de la bougie*…
– voir notre forum sur les enchères de mars 2008,
> voir notre forum sur les enchères de novembre 2008.

2 > Dessine-moi un réacteur. Selon Les Echos, « Henri Proglio veut redessiner la filière nucléaire française » et il s’agit d’un « projet décapant ». Il s’agirait de refaire d’EDF le « chef de file du nucléaire tricolore, quitte à remettre en cause le modèle intégré d’Areva ». Le futur PDG d’EDF estime en effet que la France joue de manière « dispersée » dans les appels d’offres internationaux. EDF devrait donc coordonner la filière. « Dans son esprit, cela pourrait passer par une ouverture du capital de la filiale de réacteurs d’Areva. EDF pourrait y jouer un rôle. «Ca m’intéresse d’avoir un Framatome fort, adossé à d’autres acteurs français et étrangers»,souligne Henri Proglio. Pour lui, la fusion de Framatome (devenu Areva NP) et Cogema menée par Anne Lauvergeon pour créer Areva en 2001 était «probablement une erreur». Historiquement, le concepteur de réacteurs était un «sous-traitant important» de la filière, note Henri Proglio. C’est le rôle qui devrait lui être à nouveau dévolu, estime-t-il ».

3 > Greenpeace et le nucléaire, presque un communiqué par jour.  « Pourquoi la France, championne du nucléaire, est-elle obligée d’importer de l’électricité? », s’interroge, faussement naïve, l’association. Avant d’acuser le chauffage électrique. « Pour justifier le suréquipement nucléaire, on a stimulé le chauffage électrique (près d’un tiers des ménages français en sont équipés). Aucune politique d’économies d’énergie n’a jamais été lancée, la consommation d’électricité nationale croît rapidement (de 450 térawattheures en 2002 à 494 en 2008). En hiver, il y a de plus en plus de pics de consommation, face auxquels les centrales nucléaires sont impuissantes : elles produisent «en base», c’est-à-dire qu’elles fournissent une puissance constante, quelle que soit la demande, et ne peuvent répondre à des variations ponctuelles ». Oui, mais… en octobre, il n’a pas fait si froid que cela, c’était même en quelque sorte un été indien et on nous promet un millésime d’exception pour nos vignobles… En fait, Greenpeace semble négliger l’impact des mouvements sociaux sur la disponibilité des centrales.

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* Celle de Drouot, pas du black-out.