Ce jeudi matin (heure française), les informations concernant la situation dans la centrale de Fukushima sont contradictoires.
Tandis que les autorités nucléaires françaises ou américaines affichent leur pessimisme, le Japon semble minimiser les risques, préférant mettre en avant les tentatives d’intervention de Tepco pour refroidir les quatre réacteurs en situation critique (sur 6 que compte la centrale).
Ainsi, selon le New York times, le niveau de radioactivité serait « extrêment élevé », davantage que ce que le Japon l’aurait admis.
Hier soir (heure française), le président de l’Autorité de sûreté nucléaire des Etats-Unis indiquait que la piscine du réacteur n° 4 ne contenait plus d’eau. Cette information a été démentie par Tepco, qui juge la situation « stable ». Quant au directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il a lui aussi estimé que la situation était « très grave ».
Selon Le Monde.fr, « un niveau de 752 milisieverts par heure a été enregistré mercredi à 17h00 (heure japonaise) à l’entrée principale de la centrale. A 5h jeudi, les appareils affichaient 338 mmilisieverts par heure. Ce niveau reste supérieur à ce qu’il devrait être sans être dangereux, selon l’agence japonaise de sûreté nucléaire. »
> Sur son site, le New York times propose une animation montrant le déplacement des vents chargés de particules radioactives, avec simulation jusqu’au 18 mars.
Tepco a annoncé avoir progressé dans la construction d’une ligne à haute tension qui permettrait de fournir de l’électricité aux pompes, lesquelles, réalimentées en eau, pourraient ainsi refroidir les réacteurs. Des hélicoptères de l’armée japonaise ont commencé à déverser des tonnes d’eau sur le réacteur n° 3, comme le montrent les images de la chaîne NHK (vidéo ci-dessous). Il était également envisagé de recourir à des camions citernes équipés de canons à eau.
Tepco juge prioritaire le refroidissement du réacteur n°3 en raison de la fumée qui s’en échappe. Mais les hélicoptères de l’armée japonaise visent également à refroidir le réacteur n°4 qui, semble-t-il, serait désormais à ciel ouvert.
Ce matin (toujours heure française), un drone de l’armée américaine a survolé le site et pris des photos qui ont été transmises aux autorités japonaises.
Le Japon risque en outre une coupure d’électricité à grande échelle, conséquence d’une diminution de la production en raison des dégâts causés aux centrales nucléaires par le séisme, dans un climat très froid.
Les ambassades pressent leurs ressortissants de quitter le Japon. Nombre d’habitants de Tokyo quittent la ville pour Osaka. Il en est de même pour les sociétés, rapporte le Wall street journal.
En savoir plus: le dernier point complet de situation de l’IRSN (mercredi 16 mars, 19h).