L’IRSN a mis en ligne son évaluation de la radioactivité rejetée par la centrale de Fukushima Daiichi.
Pour cela, l’IRSN a commencé par « évaluer la quantité de radioactivité qui a pu être rejetée du 12 au 22 mars 2011 par les trois réacteurs accidentés. Cette évaluation est conçue pour fournir un ordre de grandeur réaliste de ces rejets, cohérent avec l’interprétation des informations provenant des autorités japonaises ou de l’AIEA, et avec les résultats de mesures sur le terrain, tout en restant fondée sur des hypothèses raisonnablement majorantes ».
S’appuyant sur « ses programmes de recherche sur le comportement de combustibles insuffisamment refroidis », l’IRSN a bâti son analyse à partir d’un « diagnostic de l’état des trois réacteurs concernés (compréhension de la situation, état des systèmes de refroidissement…) » et des « informations fournies par les autorités japonaises concernant les dégazages des enceintes de confinement des réacteurs qui ont été réalisés volontairement pour protéger les enceintes de risques de dégradation par surpression ».
Elle a « conforté » ses conclusions « en comparant les valeurs de contamination atmosphérique calculées par le modèle de dispersion avec les résultats de mesures réalisées sur le terrain au Japon ».
Les résultats constatés correspondent à des valeurs représentant « de l’ordre de 10 % des rejets estimés lors de l’accident de Tchernobyl » pour les familles de radioéléments suivants:
* Gaz rares : 2 10+18 Bq ;
* Iodes : 2 10+17 Bq ;
* Césiums : 3 10+16 Bq ;
* Tellures : 9 10+16 Bq.
L’IRSN précise que, dans un but de « simplification (…), seuls ont été considérés les radioéléments ayant une contribution majoritaire aux conséquences radiologiques en retenant des proportions usuellement rencontrées dans les combustibles irradiés ».
L’IRSN rappelle « qu’il s’agit d’une première évaluation réalisée sur la base des données disponibles au 22 mars 2011 (et) que les quantités de radionucléides présumées rejetées, exprimées en Bq, ne permettent pas à elles seules de formuler des hypothèses sur les conséquences radiologiques, celles-ci dépendant fortement des conditions météorologiques (une partie du rejet a été dispersée au-dessus de l’océan Pacifique). »
Cliquez
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– et ici pour lire le communiqué complet.
L’ASN a mis en ligne la vidéo de son point presse du 22 mars.
22.03.2011 – Point info médias de l’ASN par ASN_Publications