L’IRSN a publié un nouveau Point de la situation relatif à l’accident survenu à la centrale de Fukushima Daiichi.
La situation des réacteurs apparaît stabilisée, estime l’IRSN, « les grandes quantités d’eau saumâtre et fortement contaminée présentes dans les parties basses des bâtiments diminuant progressivement ».
S’agissant des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3, l’IRSN observe que « les investigations visant à évaluer (leur état) se poursuivent. Après être intervenus dans le bâtiment du réacteur n°1, des opérateurs de Tepco ainsi que des robots ont pu pénétrer dans le bâtiment du réacteur n°3, après évacuation des débris présents autour du
bâtiment et gênant l’accès. De très forts débits de dose ont été relevés dans le bâtiment turbine 1 ainsi qu’à proximité de la
cheminée du réacteur 3. »
« Les piscines d’entreposage des six réacteurs et la piscine d’entreposage du site sont refroidies », indique l’IRSN qui fait état de tests fin juillet concernant « l’utilisation d’un système de refroidissement alternatif équipé d’un échangeur de chaleur ». Ce dispositif « a permis de diminuer fortement la température de l’eau dans la piscine n°4 (de 86°C le 31 juillet à 42°C le 3 août). Ainsi la température de l’eau des piscines est désormais comprise entre 28°C et 42°C. Un système équivalent est en cours de mise en
place également sur la piscine du réacteur 1. »
Il reste une « interrogation » sur « l’état des structures des piscines des réacteurs, placées en partie haute des bâtiments, dont le
comportement en cas de séisme d’intensité élevée ne pouvait être apprécié ». Et, d’une manière générale, « »la tenue des structures de génie civil des bâtiments des réacteurs en cas de fort séisme reste (…) un sujet de préoccupation ».
Les rejets actuels sont difficiles à évaluer. « En l’état des informations disponibles, la poursuite de rejets atmosphériques ne peut pas être
écartée. Cependant, ces rejets diffus sont sans commune mesure avec ceux survenus mi-mars. D’autre part, des dispositions ont été prises par TEPCO pour éviter de nouveaux rejets liquides en mer. »
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A savoir
Dans un contexte boursier plus que délicat, Tokyo Electric Power (Tepco) a annoncé ce mardi 9 août « un déficit net de 572 milliards de yens (près de 5 milliards d’euros) au terme du premier trimestre de son exercice 2011-2012, à cause du très grave accident nucléaire de Fukushima ». Ce déficit inclut « une perte exceptionnelle de 503 milliards de yens, notamment pour le dédommagement des victimes de la catastrophe atomique, la pire au monde depuis celle de Tchernobyl en 1986 », explique l’AFP.
Fin juillet, après la découvetrte « de niveaux élevés de césium radioactif dans de la viande de bœuf provenant d’une ferme de Minamisoma, une ville située juste à la limite de la zone d’exclusion de 20 kilomètres de rayon autour de la centrale atomique », le gouvernement avait annoncé « un plan visant à racheter et brûler la viande de bœuf contaminée par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima, afin de rétablir la confiance des consommateurs ». Près de 3 000 bœufs étaient concernés.
Des scientifiques japonais avaient également demandé au gouvernement (article du San Francisco chronicle en anglais) de mieux mesurer la radioactiovité dans la chaîne alimentaire, notamment d’origine marine.