Quel sera le coût de fermeture de la centrale de Fessenheim?  Selon Le Journal du Dimanche, EDF aurait réclamé à l’Etat 2 milliards d’euros destinés à « compenser les investissements déjà réalisés pour allonger sa durée de vie de 10 ans et le manque à gagner pour cette période. » Interrogée par l’AFP, une porte-parole d’EDF avait d’abord refusé tout commentaire puis a « assuré qu' »EDF n’a formulé aucune demande au gouvernement. »

Outre le démantèlement, le manque à gagner pour EDF est loin d’être insignifiant (quelque 10 ans d’exploitation perdus). Le JDD indiquait en effet qu’EDF « avait commencé à investir pour obtenir un allongement de la durée de vie de Fessenheim jusqu’à 50 ans, soit 2027 ». A raison d’un « manque à gagner de 200 millions d’euros de marges par an sur dix ans », le calcul est simple.

Qui plus est, EDF, pour se conformer aux exigences de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a indiqué en juin dernier devoir investir 20 millions d’euros en un an, malgré la menace de fermeture, afin de se conformer pour maintenir en activité le réacteur n°1. Faute de ces travaux, l’ASN pourrait se prononcer pour la fermeture de Fessenheim dès juin 2013. Investir pour fermer? 

Ce 18 septembre, Denis Baupin estime qu’il vaut mieux engager la fermeture plus rapidement, établissant une différence entre fermeture technique (« le moment où on arrête les réacteurs en appuyant sur l’interrupteur ») et fermeture administrative.

« Il vaut mieux investir cet argent dès maintenant dans le démantèlement de la centrale, pour en faire une vitrine de ce marché qui s’annonce considérable et sur lequel la France peut être un fleuron. Dans l’accord législatif que nous avons signé avec les socialistes, l’objectif est de faire émerger une filière d’excellence dans le domaine du démantèlement. Je propose donc que le gouvernement demande à la Cour des comptes s’il y a une pertinence économique à investir dans des travaux coûteux plutôt que dans les emplois d’aujourd’hui et de demain. »

Dans cet entretien accordé à Libération, le vice-président de l’Assemblée nationale se prononce également pour une réforme du collège de l’ASN.

« Dernier point, nous sommes inquiets du laxisme en matière de sûreté nucléaire : il y a de nombreux incidents et très peu de sanctions. L’ASN reste très faible. Nous voulons donc qu’à l’occasion du renouvellement de ses membres, en novembre prochain, son nouveau président soit une personnalité au-dessus de tout soupçon. Nous demandons également que le collège de l’ASN accueille des opposants au nucléaire. Il est important que chacun puisse faire confiance à l’ASN. »

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