La hausse de la CSPE est-elle due aux tarifs de rachat de l’électricité d’origine photovoltaïque? Depuis quelques jours (ou semaines), l’énergie solaire est pointée du doigt. Dans un communiqué, le Comité de liaison des énergies renouvelables et Hespul dénoncent « une indignation bien sélective » et refait les calculs.
Le Cler et Hespul observent que « l’augmentation de 4% du prix de l’électricité réclamée par EDF » signifierait, « compte tenu du mode de calcul actuel de remboursement des surcoûts, (…) que près de 4.000 MW de systèmes seraient en service dans notre pays alors qu’il y en aura tout au plus 800 MW fin 2010 ». Le chiffre de 4.000 MW correspond en fait aux projets en attente qui n’iront sans doute pas tous à terme (ce que le Syndicat des énergies renouvelables avait déjà signifié) mais pour lesquels « une demande de raccordement a été déposée auprès d’ERDF ». Ils estiment que « seule une faible part de ces projets sera réalisée, soit parce qu’il s’agit de demandes à visée purement spéculative, soit parce que les projets seront abandonnés ». Et dénoncent une « manipulation » qui consiste à « faire comme s’ils étaient tous déjà en fonctionnement ».
Qu’en est-il? Si le CLER et Hespul rappellent que le « photovoltaïque pèse aujourd’hui 0,75% de la facture, soit moins de 3 euros par an
pour un ménage moyen », ils délivrent surtout une information jusque là absente du débat (et qui fait débat, nous signale un lecteur). S’appuyant sur la présentation des résultats du groupe EDF de 2009, ils indiquent que « la fameuse CSPE liée à l’obligation d’achat a été … bénéficiaire pour EDF de 670 millions d’Euros en 2009 ». Ce qui évoque les différences d’appréciation internes entre EDF obligation d’achat et EDF énergies renouvelables, mais c’est un autre sujet…
Enfin, ils mettent en avant d’autres dépenses « qui affectent bien plus fortement les comptes d’EDF, par exemple le «tarif agent» qui permet aux salariés et retraités de l’entreprise de se fournir à très bas prix en électricité, une mesure financée elle aussi par les consommateurs qui a coûté en 2009 plus de 1,1 milliard d’euros pour les seuls retraités, probablement autant pour les actifs ».
Quant au photovoltaïque en soi, la « baisse rapide de ses coûts » devrait lui permettre « d’atteindre la compétitivité avant 2020, ce qui garantit au consommateur le caractère temporaire de l’aide somme toutes modique qu’il apporte via les tarifs d’achat, et à la collectivité un excellent retour sur investissement à moyen terme ». Le CLER et Hespul souhaitent aussi que soient pris en considération « les milliers d’emplois et les centaines de millions d’Euros de chiffre d’affaires des grandes entreprises françaises qui fournissent produits et services à une industrie mondiale en pleine croissance », faisant le lien entre les « efforts de recherche menés notamment par le CEA au sein de l’Institut National de l’Énergie Solaire (INES) » et l’existence d’un « marché national dynamique et prévisible », pour favoriser un secteur en pleine croissance. Et éviter à la France de se retrouver « hors-jeu d’un défi industriel et social parmi les plus stimulants de notre époque ».