Nous publions ci-après une récente contribution du Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire au groupe de travail de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dédié au comptage intelligent. Ce texte fait la synthèse des demandes des autorités concédantes concernant la potentielle généralisation des compteurs Linky.
« Le Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire a participé avec notamment la FNCCR aux débats conduits sous l’égide de la CRE en groupe de travail sur le comptage évolué et à la proposition d’ERDF. Lors de trois derniers ateliers spécifiques Nous avons examiné «les demandes d’évolutions des spécifications du compteur en vu de sa généralisation» afin d’aboutir à une vision partagée.
Les derniers ateliers ont permis de confirmer de nombreuses attentes déjà exprimées depuis plus d’un an par la majorité des acteurs : fournisseurs, gestionnaires de réseaux, associations de consommateurs et autorités concédantes dont le SIEIL en autre concerné par l’expérimentation en Indre et Loire.
La CRE a rappelé dans sa communication du 6 juin 2007 qu’un des bénéfices attendus des compteurs évolués résidaient pour les consommateurs à « accéder facilement, et aussi souvent que possible, aux informations sur leur consommation réelle».
Le SIEIL, et à travers la FNCCR les autorités concédantes, a soutenu cette préconisation légitime et demandé, à ce titre, que le dispositif de comptage évolué permette à chaque utilisateur un accès direct et aisé à ses données de consommation par le biais d’un dispositif de déport de type afficheur déporté ; le fait étant que l’accessibilité au compteur n’est pas toujours facile notamment lorsque celui-ci est placé à l’extérieur du logement ou en limite de propriété.
Dans de telles conditions il est difficile d’accéder aux données afin de «connaître sa consommation d’énergie en temps réel et de pouvoir (un des attendus) la maîtriser». Il semble par ailleurs que les propositions formulées convergent vers l’utilisation de la télé-informations clients, sans que la solution relative à un dispositif de déport des données entre le compteur et le lieu de vie de l’usager consommateur n’ait pleinement aboutie. L’aspect concernant l’accès direct aux données par l’usager consommateur demeure, de notre point de vue, entier dès lors que l’objectif assigné était de disposer d’une vision complète du système.
Outre les préconisations et les demandes plus techniques formulées lors des différents ateliers, il semble fondamental que la majorité d’entre elles puissent être testées lors de la phase expérimentale, nous nous sommes engagés politiquement lors de nos débat en comité syndical en ce sens, et ceci avant celle de la généralisation.
Il semble également opportun de rappeler que conjointement avec la FNCCR nous avons souligné l’importance de disposer de compteurs modulables, ce qui a été noté en groupe de travail par plusieurs acteurs parmi lesquels ERDF. Cette perspective laisserait une possibilité non négligeable d’adaptation et d’évolution pour les années à venir.
Dans une période où l’intérêt pour les réseaux intelligents est d’actualité et où l’Etat marque sa volonté à développer le haut débit, il semblerait opportun de se doter des moyens en termes de communication d’informations afin de résoudre à terme les questions liées au volume et à la quantité de données qui vont transiter, les réponses au pas de temps confirment l’incapacité du système retenu d’en assurer le débit.
Le dispositif de comptage entre dans la catégorie des biens concédés, propriété des collectivités concédantes et sont financés, à travers le TURPE, par la collectivité des utilisateurs du réseau de distribution publique d’électricité. La généralisation du compteur de nouvelle génération constituera un acte majeur en termes de modernisation du service public, visible jusque dans les foyers des usagers. Il sera difficilement envisageable de renouveler une telle opération dans les 20 prochaines années à venir. Il semble donc capital de prendre dès aujourd’hui les options qui permettront d’assurer la plus grande longévité des nouveaux matériels de comptage, notamment en termes de fonctionnalités les plus larges possibles (techniquement et financièrement) et en termes d’adaptabilité minimale (par leur modularité).
Enfin concernant l’Indre-et-Loire, terre d’expérimentation, nous souhaitons que les dispositifs mis en place soit évolutifs de suite , il nous serait dommageable à l’égard de nos usagers de disposer de «bêta testeur» en place pour 20 ans qui n’offrent pas toutes les possibilités d’un système novateur dont ils se doivent de disposer pleinement, le service public de l’électricité doit bénéficier à tous dans les mêmes conditions ».
En savoir plus :
– publication d’un dossier « Quand les réseaux électriques deviennent intelligents en Europe« , sur le site Euractiv.fr,
– un dossier (peu favorable) consacré aux « Compteurs intelligents, consommateurs pigeons? », publié par le collectif (belge): Solidarité contre l’exclusion,
– « Le compteur Linky devra respecter la neutralité du service public », un courrier de la FNCCR à ERDF,
– le dossier de presse d’ERDF « Compteurs Linky : ERDF choisit l’Indre-et-Loire pour expérimenter son projet » (mars 2009);
– La CRE organise le 27 janvier un colloque « les smart grids, réseaux électriques du futur » en collaboration avec le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’Université Paris- Dauphine.
Photo: compteur Linky.