Achats, rachats, fusions, échanges de capacités… Vous y comprenez quelque-chose, vous? Pas vraiment, hein? Alors, on (essaye de ré) capitule(r) les événements de ces derniers jours. Sans avoir l’espoir – présomptueux – de l’exhaustivité.
Allemagne
A mi-septembre, le Times indiquait qu’EDF négociait avec E.ON un accord selon lequel le groupe allemand achèterait des participations dans des centrales nucléaires en France en contrepartie d’un accès pour EDF à des centrales à charbon allemandes.
Belgique
EDF a l’intention de prendre le contrôle de SPE, le deuxième producteur d’électricité du Royaume, SPE. Les autorités belges de la concurrence s’en inquiètent: "Cette acquisition menace d’affecter de manière significative la concurrence dans plusieurs marchés de l’électricité en Belgique (…).Cette acquisition de SPE par EDF pourrait créer ou renforcer une position dominante collective entre Electrabel et SPE dans la mesure où l’actionnaire de référence des deux sociétés mères de ces entreprises ( à savoir GDF Suez et EDF) est l’Etat français", a fait savoir jeudi 14 octobre le Conseil de la concurrence belge, dans un communiqué. La décision de la Commission européenne est attendue pour le 12 novembre.
Mercredi 13 octobre, la Commission européenne a donné son accord à l’achat par E.ON de deux centrales électriques (centrale à charbon et biomasse de Langerlo, d’une capacité de 556 mégawatts, centrale au gaz de Vilvorde, d’une capacité de 385 MW) ainsi que de 770 MW de droits de tirage auprès de centrales nucléaires belges de Doel et de Tihange, avec des points de livraison en Belgique et aux Pays-Bas. Ces centrales et droits de tirages sont cédés par Electrabel, filiale de GDF-Suez. Grâce à ces acquisitions, E.ON devient le troisième producteur d’électricité en Belgique.
France
Le 2 octobre, E.ON et EDF ont fait part d’un échange de capacités. E.ON prend le contrôle à 100 % de la SNET, troisième producteur français d’électricité, acquiert des droits de tirage sur 800 MW nucléaires de l’électricien français, tandis qu’en contrepartie, EDF, via EnBW, numéro trois allemand qu’il détient à 45% obtient un droit de tirage de 800 MW sur le portefeuille nucléaire d’E.ON assorti d’un accès à environ 400 MW de sa production à base de charbon.
Italie
Giuliano Zuccoli, patron du groupe Italie A2A a déclaré qu’EDF "partage (sa) vision de la nécessité, après deux ans, de remettre au point la question du pacte (d’actionnaires) et du fonctionnement d’Edison. Il y a une forte convergence d’intérêts entre nous et EDF (afin) d’améliorer tant la performance d’Edison que les résultats pour les actionnaires (…). "L’idée de revisiter nos rapports avec EDF est sur la table depuis des mois et entre nous et nos actionnaires il y a une forte identité de vues sur la nécessité de discuter". Edison est détenu à 20% par EDF, à 63% par Transalpina di Energia (TdE), une holding détenue à 50% par EDF et à 50% par Delmi, une société regroupant les actionnaires italiens qu’A2A contrôle avec une part de 51% (d’accord, c’est pas simple). Un pacte d’actionnaires lie EDF et Delmi depuis 2005 mais arrive à échéance en septembre 2011.
GDF Suez a rapproché ses sociétés Cofathec Servizi et Elyo Italia pour créer "une nouvelle entité, leader sur son marché avec un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros. Celle-ci compte près de 2 600 collaborateurs répartis sur tout le territoire à travers un réseau de 50 agences. Cette nouvelle société adopte la marque des services énergétiques de GDF Suez, Cofely, d’ores et déjà déployée dans un certain nombre de pays européens, notamment en France, en Belgique, au Royaume-Uni, en Espagne, en Suisse et aux Pays-Bas".
GDF Suez étudie aussi les opportunités qu’offre la Péninsule dans le nucléaire. Rappelons qu’EDF et Enel ont signé un accord en février pour construire un minimum de 4 réacteurs de troisième génération EPR en Italie. Selon le Corriere della Sera, GDF Suez viserait un partenariat avec E.ON. Rappelons qu’outre-manche, GDF Suez s’est en allié à Iberdrola (énergéticien espagnol) "pour acquérir des terrains et construire des réacteurs".
Pologne
Le 14 octobre, RWE a fait savoir qu’il renonçait à faire une offre sur les 67% du capital d’Enea, groupe énergétique détenu aux deux tiers par l’Etat polonais: "Après une analyse approfondie, RWE a conclu qu’une offre de sa part ne correspondrait pas aux attentes actuelles du marché" (traduction: c’est trop cher). Le groupe allemand a déjà une filiale polonaise, RWE Polska qui alimente 880.000 clients en électricité. Le 12 octobre, GDF avait fait part de son intérêt pour Enea en demandant l’accès aux livres de comptes du groupe polonais en voie de privatisation. Le groupe suédois Vattenfall dément être intéressé par le dossier.
République tchèque
Le 7 octobre, la Commission européenne a donné son accord à prise de contrôle de Praská teplárenská par la société International power opatovice, détenue par EDF (via sa filiale à 45% ENBW – vous suivez?) et le britannique International power, ainsi que la Ville de Prague.
Royaume-Uni
Selon le Times, Vattenfall, groupe d’énergie suédois, souhaiterait investir plusieurs milliards de livres (ou d’euros) dans les projets de nouvelles centrales nucléaires d’EDF: "Vattenfall étudie l’acquisition d’une participation dans les projets d’EDF de construire quatre nouveaux réacteurs au Royaume-Uni" (et non pas les centrales nucléaires existantes de British Energy).
Et aussi
Les deux projets de gazoducs, North Stream, qui acheminerait du gaz via la Baltique et South Stream (porté par Gazprom et ENI), qui transporterait du gaz russe depuis la Caspienne, intéressent nos électriciens et gaziers. EDF pourrait participer au projet South Stream à hauteur de 10 % tandis que GDF Suez se dit intéressé par North Stream.
Sans oublier Nabucco: ce gazoduc Nabucco qui doit relier à partir de 2014 les champs gaziers d’Asie centrale à l’Europe en contournant le territoire russe regroupe à ce jour RWE (Allemagne), OMV (Autriche), Botas (Turquie), Bulgargaz (Bulgarie), MOL (Hongrie) et Transgaz (Roumanie). GDF Suez pourrait s’y associer. "Nous sommes très intéressés par le souhait de la France de participer à Nabucco", a fait savoir Stefan Judisch, en charge du projet chez RWE.