Pour l’Union française de l’électricité, il s’agit d’une « approche irrationnelle »: le scénario Negawatt, présenté en 2011 a été réactualisé dans le cadre du débat national sur la transition énergétique avec « les résultats d’une étude sur l’impact sur l’emploi et sur l’économie de (sa) mise en œuvre. » Pour cela, Négawatt a fait « appel à des compétences reconnues dans le domaine de l’analyse économique et sociale », à commencer par « Philippe Quirion, économiste du laboratoire du CIRED-CNRS à Paris. » En vertu de cette étude, « la mise en œuvre du scénario Négawatt génèrerait quelque 632.000 emplois d’ici à 2030 », explique (fort bien) le site Actu-environnement.

Des chiffres que ne conteste pas l’UFE mais pour qui l’objectif visé (« sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables ») « ne peut être décorrélé de sa dimension économique. » Dans le scénario Négawatt, « l’hypothèse sous-jacente (…) repose sur un PIB constant, c’est-à-dire décroissant par habitant puisque la démographie, elle, augmente. En outre, l’évolution du PIB, dans sa composante ré-industrialisation notamment,est un facteur explicatif important de l’évolution de la consommation d’énergie et d’électricité. » L’UFE observe que « rien n’est dit sur les montants d’investissements dans le secteur énergétique, et subsidiairement, électrique », pas davantage « sur les modes de financement (qui paye ?) », l’évolution des prix qui en découlerait et l’impact « sur la compétitivité des entreprises. Bref, on est face à des annonces caractéristiques d’une approche irrationnelle du sujet, tant sur le plan économique que technologique. »

Négawatt précisait que « comme toute étude économique » celle-ci , « comporte des limites et des incertitudes: nous les assumons pleinement tout en restant bien entendu prêts à en débattre. » C’est fait.