Quelques mois après avoir dénoncé le « lobbying acharné (d’) EDF et de ses alliés », regroupés dans l’association « Equilibre des énergies », dont le but est de défendre le chauffage électrique », l’UFC Que choisir s’en prend aux « coûts cachés du chauffage électrique », en rendant « publique une étude exclusive sur l’impact économique désastreux pour l’ensemble des consommateurs » de ce mode de chauffage. 

L’association rappelle que les récentes saisons hivernales « ont mis évidence la menace que pouvait constituer les chauffages électriques pour la sécurité du système électrique français » sans pour autant que soit mesurés « les importants surcoûts d’un surdimensionnement des capacités de production résultant du chauffage électrique. » Pour l’UFC, afin de pouvoir gérer « des pics très ponctuels de consommation (quelques heures dans l’année) », le parc de production français a dû être doublé, s’établissant à « 123 GW alors que la consommation moyenne d’électricité sans chauffage est autour de 60 GW. » Un parc, pour l’essentiel composé de centrales nucléaires, qui fait appel en complément à « des unités de production utilisant des énergies fossiles (gaz, fioul), extrêmement coûteuses à utiliser et polluantes. »

L’UFC estime que le chauffage électrique introduit des distorsions de traitement entre les consommateurs, ceux qui l’utilisent étant pour partie subventionnés par les autres : « si les consommateurs qui utilisent le chauffage électrique assumaient seuls les surcoûts qu’il induit, ils paieraient 12 % de plus le kilowattheure que les autres à coût constant et jusqu’à 80% si on intègre les coûts de renouvellement du parc de production (…). Les tarifs actuels sont pourtant tout autre : les consommateurs de chauffage électrique ont une facture allégée de 8 % par rapport à ce qu’ils devraient réellement payer tandis que les autres ménages sont, eux, surfacturés de 2 %. »

S’y ajoute un Turpe sous-dimensionné: « les usagers chauffés à l’électricité paient plus de deux fois moins cher leur abonnement d’électricité si on le ramène au mégawattheure consommé alors qu’ils génèrent des coûts de réseau presque deux fois supérieurs. »
> J’entends d’ici les présidents de Syndicats d’énergie évoquer à cet instant précis les foyers disposant d’une pompe à chaleur…

Pour mettre fin à « cette gabegie économique et environnementale », l’UFC Que choisir préconise « de muscler les politiques incitatives d’efficacité énergétique des logements à travers un bonus/malus et un aménagement de la taxe foncière en fonction des travaux effectués. » En outre, serait institué « un mécanisme d’aide aux propriétaires aux capacités d’investissement limitées grâce à la mise en place d’un tiers investisseur. » Des mesures qui ne dispenseraient pas « le gouvernement d’un audit énergétique du parc de logements. ».

L’association souligne enfin qu’elle n’est pas conviée au débat sur l’énergie.

Cliquez ici pour télécharger l’étude de l’UFC sur le thème  » Les coûts cachés du chauffage électrique  » (PDF – 1590 Ko).