Fichtre. 

Dès l’annonce de la composition du comité des sages, pardon comité de pilotage, (Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva), Bruno Rebelle (ex-directeur de Greenpeace), Jean Jouzel (climatologue), Laurence Tubiana (directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales -Iddri), Pascal Colombani (président du conseil d’administration de Valeo) destiné à accompagner Delphine Batho dans « le grand débat sur l’énergie qui débutera le 20 novembre », les mails ont commencé à crépiter.

Ce débat sur la transition énergétique a pour objectif de réduire les consommations d’énergie tout en diminuant, c’était une promesse de campagne, la part du nucléaire dans la production électrique. Il devrait se traduire ensuite par une loi de programmation (juin 2013 a priori).

Pour Greenpeace, la liste est « inacceptable » en raison de « la présence de personnalités connues pour être des ardents défenseurs du nucléaire. » De même, le réseau « Sortir du nucléaire » voit dans ces nominations « une provocation : comment parler de transition énergétique et de démocratie tout en sollicitant des personnalités qui constituent jusqu’à la caricature l’incarnation du lobby nucléaire? »

Ce lundi, le Réseau action climat (RAC), qui regroupe le CLER – Réseau pour la transition énergétique, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, France nature environnement (FNE) et les Amis de la Terre, affiche son souhait d’un débat non faussé. Les ONG « jugent incompréhensibles à la fois la méthode employée et la composition de ce comité. Elles sont de plus en plus réservées sur un débat qui démarre sur de telles bases. » Elles déplorent de n’avoir pas été « associées au choix des personnes (…) retenues » et ddécouvert les nominations « par la presse. » L’organisation suscite également leurs réserves « avec deux membres sur six au sein de l’instance sensée servir de « cerveau » au futur débat sur la transition énergétique. De plus, la ministre de l’écologie présidera ce comité de pilotage, la rendant ainsi juge et partie d’un débat public qui est sensé lui remettre des recommandations. »

Interrogée par RTL, Delphine Batho a estimé qu’un débat devait être contradictoire, soulignant le caractère passionnel de la question du nucléaire. Il faut « admettre la diversité des points de vue. »


Delphine Batho, ministre de l’Ecologie… par rtl-fr

Dans le prolongement du rapport Gallois, les gaz de schiste pourraient aussi revenir (en sont-ils sortis?) dans le débat, après que Michel Rocard et d’autres personnalités de la majorité, ont affiché leur intérêt pour cette source d’énergie. Interrogé par Le Monde, Fatih Birol, économiste en chef à L’AIE, en a ajouté une couche:

« Vous soulignez l’essor du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis. La France, elle, les interdit. Qu’en pensez-vous ?
– Je respecte la décision du gouvernement français. Mais il faut en mesurer les conséquences. La France réduit la part du nucléaire, interdit le gaz de schiste et vise à limiter plus fortement ses émissions de CO2. Ces trois éléments sont-ils compatibles ? Je n’en suis pas sûr.

Est-ce une erreur, donc ?
– Je crois qu’il est possible d’exploiter proprement le gaz de schiste à condition de fixer un cadre réglementaire très strict aux industriels qui devront faire des investissements technologiques importants. Mais le jeu en vaut la chandelle, car les bénéfices à tirer de cette ressource peuvent être très élevés.

Si les sous-sols français disposent de réserves importantes…
– Absolument, mais comment le savoir si l’on ne va pas regarder ? »

> On aime bien ce gif qui a un petit côté robinet schisteux qui brûle.

La ministre voit également s’ouvrir un autre front médiatique, émanant des… journalistes eux-mêmes. Dans un communiqué, les présidents de trois associations de journalistes (énergie, environnement), l’AJE, l’AJDE et le JNE, lui reprochent de fuir la  presse spécialisée, alors que les sujets d’actualité ne manquent pas.

Son nouveau conseiller à la communication, Julien Mayer, a du pain sur la planche…