L’adoption d’amendements gouvernementaux visant à assouplir les règles d’implantation d’éoliennes ont suscité des réactions diverses.

Pour les écologistes, Denis Baupin a salué la suppression de la règle des 5 mats, l’assouplissement des conditions d’éligibilité au tarif d’achat de l’électricité  produite (outre lez ZDE, « les parcs qui seront construits dans les territoires favorables au développement de l’éolien (…) seront également éligibles ») et « la libération des communes littorales des Dom-Tom de la situation intenable liée aux contraintes contradictoires de la loi Grenelle 2 et de la loi littoral. » Il a regretté que « le dispositif ICPE, le plus contraignant, (ait) été maintenu pour les éoliennes » mais se disant prêt à revenir « à la charge pour convaincre. Step by step. »

Pour Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, « cette avancée, sous réserve qu’elle soit confirmée au Sénat, demeure cependant insuffisante pour relancer véritablement le développement de l’éolien. Classement ICPE, procédures radars, application des lois littoral et montagne (en métropole), respect de distances avec les zones urbanisées, gel du tarif d’achat, coûts de raccordement… les freins au développement de l’éolien demeurent fort nombreux. Pour l’heure, c’est un premier pas qui a été accompli. »

Sur Twitter, Mathieu Quiret, journaliste aux Echos, annonce que « l’éolien va repartir selon les développeurs grâce aux schémas régionaux et les ZDE stoppées. Un banquier me confirme la relance des projets. »

Du côté des professionnels, « ce premier pas vers une simplification du carcan juridique fait renaître l’espoir dans une filière en difficulté », se félicite France énergie éolienne, qui invite les sénateurs à suivre la voie montrée par les députés en l’amplifiant, c’est-à-dire en votant « également d’autres dispositions dont une modification des dispositions de raccordement au réseau, un régime ICPE déclaratif et un aménagement de la loi Littoral pour la métropole. Le gouvernement a, quant à lui, entre ses mains la première urgence : le rétablissement d’un mécanisme d’achat de l’électricité d’origine éolienne jugé suffisamment sûr pour relancer l’investissement. »

Dans un communiqué, plusieurs députés du groupe UMP (Martial Saddier, Antoine Herth, Lionel Tardy) et du groupe UDI (Bertrand Pancher) ont dénoncé la méthode du Gouvernement, sigmatisant un bouleversement « des règles relatives au développement de l’énergie éolienne par voie d’amendements à 2h30 du matin, sans même que la commission des Affaires économiques ait pu se prononcer. » Les députés de l’opposition estiment « cette méthode fait tomber les masques d’un Gouvernement qui prône la concertation mais prend en réalité ses décisions unilatéralement, en catimini ». Se disant non opposés à une évolution de cette législation, ils considèrent qu’elle aurait dû faire l’objet « d’une véritable réflexion nationale associant toutes les parties prenantes: les pouvoirs publics, les associations et les citoyens. »

> A savoir: contrairement à ce qu’a parfois indiqué la presse, les amendements évoqués n’ont pas été déposés par le gouvernement hier soir, mais le 1er octobre. Mais ils n’ont pu de ce fait être examinés en commission et c’est ce qui fait l’objet du communiqué des députés de l’opposition.

A l’inverse, Franck Marlin, député apparenté UMP de l’Essonne, fustige « la victoire des bobos qui, tranquillement installés dans leurs beaux quartiers, à l’abri des pollutions visuelles et sonores, vont profiter en toute bonne conscience du fruit des nuisances qu’ils créent dans nos campagnes! ». Il considère que les amendements adoptés vont se traduire par des paysages « littéralement dévastés. »