L’énergie est un jeu qui se joue à plusieurs et à la fin c’est EDF qui gagne? Légèrement retouchée, la célèbre phrase de Gary Lineker pourrait ainsi s’appliquer à l’appel d’offres pour l’éolien offshore, si l’on en croit les informations successives des Echos puis du Figaro.

Lundi, le quotidien économique indiquait que la CRE recommandait de sélectionner le consortium formé par EDF, Alstom et Dong pour quatre « champs » (Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire) mais de déclarer infructueux l’appel d’offres visant le futur parc du Tréport. Ce mercredi, dans les pages saumon, il est précisé que deux lots ne seraient pas attribués: outre Le Tréport, celui de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) pourrait être attribué « à une date ultérieure. Le calendrier n’est pas connu mais «une période de discussions devrait être réouverte», avance-t-on dans l’entourage du dossier. Certains éléments d’appréciation pourraient être reconsidérés, touchant notamment au prix de l’électricité produite. »

Le Figaro affirme prudemment qu’EDF serait retenu par le Gouvernement pour les trois autres sites: « ce serait une victoire pour l’électricien mais aussi pour son principal partenaire, Alstom, qui serait chargé de construire et d’assembler les éoliennes. Il y a quinze jours, le groupe industriel a présenté à Saint-Nazaire le prototype de sa machine: elle affiche une capacité de 6 mégawatts (MW), ce qui en fait l’éolienne la plus puissante du marché » (photo).

En revanche, il s’agirait d’un sérieux revers pour Areva (associé à GDF Suez et Iberdrola), qui conditionnait la construction de « deux usines au Havre (…) à condition d’être retenue pour au moins deux champs. Cet argument est important, c’est celui qui pourrait décider le gouvernement à «rattraper» la technologie d’Areva, car celle-ci sous-tend la création d’une véritable filière industrielle en France dans l’éolien offshore. »

L’avis de la CRE suscite quelques grincements de pales: « certains opérateurs ont vivement contesté son travail. Ils soulignent en particulier que la CRE n’a réalisé aucune audition et que son analyse s’est fondée uniquement sur des documents écrits. »

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Toujours, selon Le Figaro, Iberdrola aurait confié à la banque Leonardo un mandat pour vendre « ses actifs en France, c’est-à-dire ses parcs d’éoliennes terrestres et ses projets en développement, y compris l’éolien offshore si le groupe espagnol l’emportait. Il n’est pas certain que cela réjouisse Areva, son partenaire sur l’appel d’offres de Saint-Brieuc. »