L’Autorité de sûreté nucléaire a publié son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté (ECS), qu’ele avait précvédemment remis au premier Ministre. Elle « impose un renforcement de la robustesse des installations nucléaires face à des situations extrêmes », tenant compte des enseignements de l’accident de Fukushima.

L’ASN estime « que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles ». Cependant, pour tenir compte de situations extrêmes, elle va « imposer aux exploitants un ensemble de dispositions et renforcer les exigences de sûreté relatives à la prévention des risques naturels (séisme et inondation), à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non-conformités ». Dans les solutions préconisées figurent notamment l’installation de groupes électrogènes supplémentaires dans les 58 réacteurs exploités par EDF.

EDF a estimé que ce rapport « ne révolutionne pas et ne bouleverse pas le montant d’investissements » que le groupe avait quantifiés. « Pour pouvoir exploiter notre parc de 58 réacteurs jusqu’à 60 ans, nous avions quantifié les dépenses nécessaires à environ 40 milliards d’euros » sur une trentaine d’années, a indiqué Jean-Marc Miraucourt, directeur de l’ingénierie du parc nucléaire d’EDF, à l’AFP. « Nos premières estimations montrent qu’on devrait rester dans une fourchette de 40 à 50 milliards d’euros ».

De son côté, greenpeace a estimé que le rapport publié par l’ASN « ne permet(tait) absolument pas de conclure que nos installations nucléaires sont sûres pour au moins deux raisons majeures »: un cahier des charges « restreint », ignorant par exemple les intrusion humaines, chutes d’avion ou virus informatique, et le coût des travaux nécessaires. Greenpeace considère qu’ils seront « bien supérieurs à ce qu’EDF avait envisagé pour prolonger la durée de vie de son parc nucléaire » et se traduiront par « de nouvelles hausses des tarifs de l’électricité pour les ménages français ».

Enfin, François Hollande a mis en avant l’importance des enjeux humains: « la formation des personnels ainsi que la qualité de leurs conditions de travail doit être au cœur des réformes à porter dans les prochaines années. La question de la sous-traitance est également essentielle. Il faudra interdire la sous-traitance pour les travaux de sûreté les plus importants, et augmenter sensiblement les exigences imposées aux exploitants en cas de recours à des prestataires pour des opérations courantes. »


Présentation du rapport de l’ASN sur les… par ASN_Publications