Ce matin, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire d’EDF, à Nogent-sur-Seine. Arrivés à 6h, « les militants sont parvenus à monter sur le dôme d’un des deux réacteurs et sont en train de peindre le signe danger sur celui-ci », indique l’association dans un communiqué. Il s’agit, « avec cette action non-violente sur le dôme du réacteur » de démontrer « à quel point les installations nucléaires françaises sont vulnérables ».

Pour Greenpeace, cette intrusion constitue « la preuve flagrante que les dispositifs de sécurité existants sont tout à fait insuffisants ». L’association pointe le fait que l’audit post-Fukushima sur la sécurité des installations « ne prend pas en compte le risque d’intrusion humaine » et demande au gouvernement d’en « élargir le périmètre ».

Interrogé sur RMC, Henri Guaino, conseiller spécial à la présidence de la République, a jugé cet acte « irresponsable », mais en estimant qu’il faudrait « en tirer des conséquences (…). On ne peut pas permettre que n’importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire ». Henri Guaino estime que l’action de Greenpeace « fait quand même réfléchir sur la sécurisation des accès aux centrales nucléaires ». L’association s’en félicite aussitôt sur Twitter: « le message est passé ».

Se payant ensuite le luxe d’une « twitpic » ironique (cf. illustration):
« #Action #Nogent : photo :  » Coucou !  » depuis l’intérieur, de la part des militants yfrog.com/ocbq6nj #nucléaire #surete »,
suivi d’un autre (« facile »)

Vers 9h30, EDF a publié un communiqué précisant que « cette intrusion n’a eu aucune conséquence sur la sécurité des installations, ni sur la sécurité des personnes présentes sur le site ». Le groupe précise les personnes qui « se sont introduites de manière illicite sur le site (…) ont été immédiatement détectées par le dispositif de sécurité et (que) leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu’il soit décidé de faire usage de la force. Sept des neuf personnes ont déjà été appréhendées dans le calme, par la gendarmerie ». En outrre, EDF indique que deux autres centrales ont été ornées de banderoles « immédiatement retirées » (Chinon et Blayais).

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Cette intrusion suit de quelques jours la visite surprise de Claude Birraux, député UMP de Haute-Savoie et président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), à la centrale nucléaire d’EDF. Le député avait décrit « un enchaînement de «situations burlesques» », à la suite de sa demande de mise en alerte fictive. 

Pendant que les membres d’EELV twittent sur l’intrusion, en pointant les failles de la sécurité des centrales, telle Cécile Duflot:
« Des militants de Greenpeace sur le toit du réacteur de la centrale de Nogent (à 100 km de Paris). Sécurité à la française qu’ils disaient… »,

ou en ironisant, comme Hélène Gassin:
« bon, donc Nogent sur seine est un moulin,et [rappel] moins de 100 km de Paris #greenpeacefr »
,

les communicants du nucléaire s’inquiètent. Caroline Rossigneux, community manager d’Areva, semble accablée : « la com d’EDF va avoir du taf et avec un peu chance ça va aussi retomber sur nous #lundi #jaienviedyaller »

A la Bourse de Paris, l’action EDF progresse de 0,9%. Calmement.