Nous publions ci-après des extraits du colloque annuel de l’UFE.
Henri Proglio, président directeur général d’EDF, a indiqué que « le service public de l’électricité s’est construit sur une énergie, sûre, disponible et abordable ». Outre sa compétitivité, le nucléaire génère « des revenus substantiels à l’importation ». Il a fait part de plusieurs défis (indépendance énergétique avec diversification des sources d’approvisionnement, changement climatique…), soulignant les atouts de la France.
« Les enjeux énergétiques restent avant tout des enjeux politiques ».
Nucléaire: Henri Proglio parle « d’obsession de sécurité absolue » et de « principes d’amélioration continue ». En cas d’arrêt prématuré des centrales en France, il y aurait une progression des énergies fossiles (gaz et charbon), la MDE et les Enr ne suffisant pas à remplacer la base nucléaire installée. Il évoque un « doublement du prix de l’électricité et de 25% des gaz à effet de serre », en cas de choix d’un mix énergétique à 50% nucléaire et 50% en énergies renouvelables. Avec à la clef des « investissements de 400 milliards d’euros dans la production ».
Péréquation tarifaire: c’est un élément-clef du service public. « La péréquation est un facteur de premier ordre pour la cohésion sociale et l’équilibre territorial ». Suit une attaque en règle des investissements réalisés par les autorités condédantes: « on peut donc légitimement s’interroger » sur le fait que dans certains départements, plus de 50% des investissements ne sont plus sous maîtrise d’ERDF », alors que le concessionnaire doit « rendre des comptes (…). Si les collectivités locales décident seules des investissements », il y a à craindre un dérapage des coûts, avec répercussion sur le client final.
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D’une autre plume: Henri Proglio précise qu’il ne faut « pas désoptimiser le système actuel ». En effet « près de 50% des réseaux ne sont plus sous la maîtrise d’ERDF » et « une bonne part des investissements réalisés ne sont pas prioritaires », d’où « des dérives financières du système », dérives qui ne manqueront pas de déséquilibrer le système «si les collectivités autorités concédantes devaient décider seules des investissements», « alors même qu’ERDF ne ménage pas ses efforts » (« redressement des investissements justement pour la qualité »). Henri Proglio demande « un cadre et des priorités fixés au niveau national ».