Selon Le Figaro, la sortie du nucléaire coûterait à la France la coquette somme de 750 milliards d’euros.
S’appuyant sur les chiffres fournis par l’Allemagne (dont 25% de l’électricité est aujourd’hui fournie par l’atome, contre près de 80% en France), le quotidien envisage « des ordres de grandeur qui donnent le vertige: au moins 750 milliards d’euros, si l’on se contente de tripler la facture allemande pour respecter la proportion des parcs nucléaires de chaque pays. En fait, ce pourrait être beaucoup plus encore, puisque la France est aujourd’hui trois fois plus dépendante de l’atome que son voisin. Les conséquences, à la fois pour les finances publiques et pour la facture du consommateur sont incalculables… » Le Figaro s’appuie également sur les propos de Bernard Bigot, haut-commissaire à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, même si celui-ci ne donne pas de chiffres: « Il faut examiner les hypothèses prises, mais le chiffre avancé semble d’un ordre de grandeur raisonnable. Pour ce qui est de la France, dont le parc nucléaire est plus de trois fois plus important que le parc allemand, je crois qu’à ce stade, aucun chiffre ne peut raisonnablement être avancé, car les ressources de substitution ne sont pas les mêmes. L’impact risque d’être encore plus lourd que la simple application d’une règle de trois. De combien, c’est une question ouverte. »
Les estimations de la sortie du nucléaire outre-Rhin se fondent sur « plusieurs éléments: les investissements nécessaires à la réalisation de nouvelles capacités de production pour pallier la disparition de l’atome, le recours accru aux énergies renouvelables -dont le développement est largement subventionné-, l’augmentation des importations d’électricité, le démantèlement des installations existantes… À l’arrivée, c’est tout un paysage énergétique qui change », détaille Le Figaro.
L’énoncé du chiffre vertigineux de 750 milliards devrait évidemment susciter des réactions, plusieurs personnalités politiques (Martine Aubry par exemple) s’étant prononcées en faveur d’une réduction ou d’une sortie du nucléaire. Des échanges (non) feutrés entre Eva Joly et Eric Besson témoignent de la passion que suscite le sujet, le second accusant la première de « mensonge », celle-ci le traitant de « nucléopathe »… La commission Energie2050 devrait aussi fournir des indications chiffrées.
En attendant, on lira également le dossier que consacre La Croix au coût du nucléaire, entre l’avantage compétitif historique , le nucléaire du futur (plus cher ) et des charges de long terme impossibles à chiffrer.
———
« Messieurs, nous pouvons le reconstruire; nous en avons la possibilité technique ».