Depuis hier, Tepco rejette en mer des tonnes d’eau radioactive, une opération présentée comme sans danger et dont les conséquences sanitaires seraient faibles. Au total, 11.500 tonnes d’eau «faiblement radioactive» doivent être déversées dans l’océan Pacifique… Un océan déjà très fortement contaminé aux abords de la centrale nucléaire de Fukushima: une brèche de 20 cm a été découverte samedi dans le béton d’une fosse de maintenance du réacteur n° 2. Depuis, Tepco s’emploie à la colmater, avec du béton, puis un polymère spécial, sans y avoir pour l’instant réussi.

Lundi, Mardi, Tepco a fait savoir « que des échantillons prélevés le 2 avril dans l’eau de mer près d’un des réacteurs contenaient de l’iode à des niveaux 7,5 millions de fois supérieurs à la limite admise. Deux jours plus tard, ce chiffre était de cinq millions. Tepco a affirmé dans un communiqué que cette contamination n’aurait pas un « impact immédiat » sur l’environnement. » Les prélèvements ont été effectués à proximité de la centrale. ils « ne reflètent donc pas nécessairement une aggravation de la situation. D’autres mesures à quelques centaines de mètres du complexe affichaient des niveaux un millier de fois supérieurs à la limite légale ».

Quelque 3.400 tonnes auraient été déversés hier lundi et il devrait en être de même pour 7.000 tonnes aujourd’hui. L’eau évacuée doit permettre de vider des réservoirs pour stocker l’eau fortement contaminée qui s’est accumulée dans les réacteurs depuis que Tepco a entrepris des opérations de refroidissement. En principe, « cette eau stockée temporairement dans une piscine de la centrale sera ensuite transportée jusqu’à une citerne flottante de la marine américaine, ancrée près des rives de la centrale », écrit le journaliste Denis Delbecq sur son blog.

Le gouvernelment japonais a décidé d’appliquer aux poissons et crustacés le même taux limite de radioactivité que celui qui s’applique aux légumes, soit 2.000 becquerels/kg pour l’iode 131, susceptible de provoquer des cancers, et 500 becquerels pour le césium 137. « Cette décision a été prise après la découverte de taux anormalement élevés de radioactivité ces derniers jours sur des petites anguilles de sable pêchées au large de la préfecture d’Ibaraki, située au sud de Fukushima et au nord de Tokyo », indique l’AFP. « Les autres poissons examinés ne présentaient pas de taux élevés, selon les autorités. »

Cliquez ici pour consulter la note d’information de l’IRSN : « Impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi ».

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A la bourse de Tokyo, l’action de Tokyo Electric Power a atteint son plus bas niveau historique (362 yens), avec une chute de 18%.

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France
La Criirad a diffusé sa quatrième note note d’information sur les résultats d’analyse des balises. « L’ensemble des mesures disponibles confirme donc une contamination détectable sur le territoire français mais dont l’intensité ne justifie pas pour l’instant la mise en oeuvre de mesures de protection spécifiques. Bien que les niveaux de contamination soient très faibles, et dans une logique de radioprotection, il est toutefois préférable de ne pas utiliser l’eau de pluie collectée sur les toits comme source principale d’eau potable. »