« La crise va durer encore des semaines », a estimé Claude-André Lacoste, lors du point presse quotidien de l’Autorité de sûreté nucléaire, ce lundi 28 mars (cf. video ci-dessous).
En termes de contamination, le président de l’ASN a distingué:
– le site de la centrale nucléaire, où la radioactivité est élevée et les « conditions de travail très difficiles ». Les salariés de Tepco, à « chacune de leurs interventions ne doivent disposer que d’un nombre très limité de minutes »;
– les alentours: il y a « à l’évidence une contamination, qui va s’étendre sur des zones considérables ». Ce n’est « pas du tout étonnant qu’on trouve ici ou là des contaminations, bien au-delà d’un rayon de 100 km ». L’ASN ne dispose pas de « chiffres globaux » sur ces contaminations. La gestion de ces zones prendra « des années, voire des décennies ».
– La France où les retombées radiactives sont infimes (« on est vraiment dans des niveaux infiniment faibles ») et ne présentent pas de risques pour la santé.
De son côté, l’IRSN a rendu public son point de situation des installations nucléaires au Japon.
Du côté des avancées, l’IRSN rappelle que « l’alimentation électrique est disponible sur tous les réacteurs » et que « les salles de commande des réacteurs 1, 2 et 3 ont été réalimentées en électricité ». Du côté des piscines, celles-ci sont toutes « a priori alimentées en eau douce ».
C’est à présent l’état des réacteurs qui suscite le plus de préoccupations: « la présence d’eau contaminée dans les bâtiments turbine des 3 réacteurs met en évidence que des fuites importantes de l’eau contenue initialement dans la cuve du réacteur ont lieu. Ce constat confirme les suspicions d’inétanchéité des enceintes ou des circuits de refroidissement des réacteurs n°2 et 3. L’eau très fortement contaminée détectée dans le bâtiment turbine n°2 pourrait provenir du tore situé en partie basse du bâtiment réacteur n°2 qui a vraisemblablement été fortement endommagé lors de l’explosion du 15 mars.
Les réacteurs sont toujours alimentés en eau douce. Des motopompes alimentées par des diesels devraient remplacer les camions-pompe. Plusieurs scénarios peuvent expliquer la présence de fuites liquides. Ils sont en cours d’examen par l’IRSN. »
L’IRSN a également mis en ligne sa synthèse des résultats des mesures de radioactivité en France (28 mars – 17h).
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Point presse ASN du 28 mars 2011
28.03.2011 – 10h30 – Point d’information média… par ASN_Publications