Cette nuit (heure française), le personnel de Tepco a poursuivi ses efforts pour tenter de rétablir les systèmes de refroidissement de la centrale de Fukushima-Daiichi.

A 8 h, ce mardi (minuit en France), le personnel est revenu sur le site qu’il avait quitté la veille après l’apparition d’une fumée grise émanant du réacteur n° 3. Il y a eu, depuis, de nouveaux dégagements de vapeur (réacteur n° 2). Les travailleurs sont exposés à des niveaux de radiations très élevés, ce qui limite leurs interventions. Ils doivent en outre se relayer fréquemment. L’AIEA a demandé des informations complémentaires sur la situation de ces travailleurs. L’ASN indique que les dégagements de fumée ont « coïncidé avec une hausse de la mesure de radioactivité située à l’entrée du site. »

Les six réacteurs ont été reliés à une ligne électrique. Mais seuls les réacteurs 5 et 6 sont pour l’instant réalimentés. Selon l’ASN, « le réacteur n°4 aurait été relié au réseau électrique externe à midi, heure locale. TEPCO estime pouvoir relier également le réacteur n°3 au réseau aujourd’hui ».

Tepco n’aurait pas reconduit ce jour le refroidissement des réacteurs à l’aide de canons à eau (les informations à ce sujet sont contradictoires).

L’AIEA indique ne pas avoir d’éléments précis concernant la pression et la température des unités 1,2, 3 et 4. Dans les réacteurs 5 et 6, la température continue de baisser, observe-t-elle.

L’ASN indique de son côté que « les piscines des réacteurs n°3 et 4 font l’objet de manière intermittente d’aspersion massive d’eau de mer à l’aide d’un canon à eau ». Elle observe également que la « situation des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 reste identique à celle des derniers jours. L’injection d’eau de mer se poursuit, mais les combustibles sont significativement endommagés et restent en partie hors d’eau. L’exploitant japonais Tepco n’aurait plus procédé à des décompressions volontaires des enceintes depuis 4 jours ».

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Craintes sur les produits alimentaires
Après que des niveaux de radioactivité supérieurs à la normale ont été détectés dans plusieurs aliments (mais aussi la pluie et l’eau du robinet), le gouvernement japonais a décidé d’interdire la vente du lait produit dans la préfecture de Fukushima. D’autres restrictions ont été décidées, concernant les épinards et le kakina – la restriction concerne ici quatre préfectures proches de la centrale, dont celle de Fukushima.

« Localement, des valeurs supérieures à 1.000 becquerels par kilo, l’unité de mesure de l’activité d’une source radioactive, ont été détectées sur du lait, alors que la valeur maximale admise par les règlements internationaux est de 100 becquerels par kilogramme », indique Les Echos. « Des seuils tout aussi alarmants de césium 137 ont été découverts sur des légumes (épinards) à des distances pouvant atteindre 160 kilomètres de la centrale. »

Le gouvernement japonais indique que les taux mesurés ne présentent pas de risques pour la population. L’ASN estime aussi que « la radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. La présence d’iode 131 a été mise en évidence dans le réseau d’eau potable de la région de Tokyo, mais avec une très faible concentration ne présentant pas de risque pour la santé ».

Des niveaux anormalement élevés de radioactivité ont été également observés dans l’eau de mer près de la centrale, a indiqué Tepco, avec des tes taux d’iode 131 et de césium 134 qui étaient « respectivement 126,7 fois et 24,8 fois plus élevés que les normes fixées par le gouvernement japonais ». Ce dernier entend procéder à) des mesures du milieu marin aujourd’hui et demain. Les résultats seront rendus publics jeudi 24 mars.