Hier, à 19h, l’Autorité de sûreté nucléaire a ait état d’une « évolution préoccupante » de la piscine de stockage du combustible du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. « Un incendie s’est déclaré au niveau de la piscine d’entreposage du combustible usé du réacteur n°4 aux alentours de 09h30 (heure locale); l’état du combustible stocké dans cette piscine, potentiellement affecté par l’incendie, n’est pas déterminé. Le feu a été éteint vers 12h00 (heure locale) ; les autorités japonaises précisent cependant que des rejets radioactifs sont susceptibles d’être émis directement à l’atmosphère. Une partie des assemblages de combustible stockés serait désormais découverte; TEPCO et les autorités japonaises recherchent des moyens d’appoint en eau. »

Depuis, des hélicoptères de l’armée japonaise ont été mobilisés à cette fin. La télévision publique NHK a montré des images de cette opération (en anglais).
> Il semblerait cependant qu’en raison d’une trop forte radioactivité (et de la nuit qui est tombée), l’opération s’avère impossible.

On trouvera en cliquant ici une carte présentant les effets de la catastrophe ainsi que sur les premières zones de présence anormale attestée de particules radioactives sur l’archipel.

Ce matin, Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima Dai-ichi a annoncé que la pression avait baissé dans l’enceinte de confinement et le cœur du réacteur n°2 et que la température s’y était stabilisée.

Ce matin, à 7h, l’ASN a diffusé un nouveau communiqué faisant le point sur la situation.
« Le 15 mars les mesures d’évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale ont été pratiquement achevées et les autorités japonaises ont demandé la mise à l’abri de la population dans un rayon de 30 km. Le survol de cette zone est désormais interdit.
Les opérations de décompression volontaire des enceintes conduisent à des rejets radioactifs. Les balises de mesure de villes localisées entre la centrale et Tokyo, le long des cotes, relèvent une élévation des débits de dose. De même pour les balises situées à proximité de l’agglomération de Tokyo. Toutefois, à Tokyo, cette élévation de radioactivité reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. »

Des webcams pointées sur des compteurs Geiger foisonnent sur le web, comme celle-ci, dans la banlieue de Tokyo, à Chiba. Le chiffre « normal » à Chiba est de 0,16.

« La radioprotection des travailleurs sur le site est très préoccupante notamment en ce qui concerne le niveau de rayonnement en salles de commande. Une élévation provisoire du niveau de radioactivité pendant environ une heure a conduit à une évacuation provisoire de la centrale.

La piscine de stockage du combustible usé du réacteur n°4 constitue la principale préoccupation.

I – Point de la situation sur la piscine de stockage du combustible du réacteur n°4
Un incendie s’est déclaré au niveau de la piscine d’entreposage du combustible usé du réacteur n°4 le mardi 15 mars 2011 aux alentours de 09h30 (heure locale); l’état du combustible stocké dans cette piscine, potentiellement affecté par l’incendie, n’est pas
déterminé. Le feu a été éteint vers 12h00 (heure locale). Un deuxième incendie s’est déclaré le 16 mars 2011 à 5h45 (heure locale). Cet incendie est éteint. L’ossature du bâtiment est
fortement endommagée.
La vaporisation de l’eau de la piscine se poursuit. Une partie des assemblages de combustible stockés serait désormais découverte. Le dénoyage du combustible peut conduire à un éclatement des gaines du combustible. Les autorités japonaises ont par conséquent
indiqué que des rejets radioactifs sont susceptibles d’être émis directement dans l’atmosphère.
L’exploitant Tepco et les autorités japonaises recherchent des moyens d’appoint pour reconstituer le remplissage de la piscine.
Ce réacteur était à l’arrêt pour maintenance lors du séisme depuis novembre 2010.

II – Point de la situation sur le réacteur n°2
La fusion partielle du coeur est confirmée à hauteur de 33% environ, l’exploitant poursuit l’opération de refroidissement du coeur par injection d’eau de mer autant que possible.
Deux explosions successives, à 06h10 et 10h (heure locale) le 15 mars, ont probablement entraîné une dégradation de l’enceinte de confinement en sa partie inférieure.
Cette perte de l’intégrité de l’enceinte serait à l’origine de l’augmentation significative des rejets radioactifs détectés de manière ponctuelle en limite du site.
Le réacteur n°2 avait été automatiquement mis à l’arrêt lors du séisme.

III – Point de la situation des réacteurs n°1 et 3
La fusion partielle du coeur du réacteur n°1 est confirmée à hauteur de 70 % environ. La fusion partielle du coeur du réacteur n°3 est également confirmée. Le refroidissement de chacun des réacteurs par injection d’eau de mer se poursuit autant que possible. Chaque enceinte de confinement est restée intègre après les explosions survenues sur ces réacteurs.
Les efforts de l’exploitant pour alimenter le réacteur n°3 en eau ne suffirait plus à maintenir le niveau d’eau en son sein. L’enceinte de confinement pourrait avoir été endommagée, selon le gouvernement.

IV – Point de la situation sur les réacteurs n°5 et 6 – élévation de la température des piscines
Les réacteurs n°5 et 6 étaient à l’arrêt pour maintenance lors du séisme. Le refroidissement des réacteurs était assuré par la circulation d’eau.
Un générateur électrique du réacteur n°6 a pu être préservé à la suite du tsunami. Celui-ci permet une certaine alimentation en eau des deux réacteurs en vue du maintien de leur refroidissement.
Une augmentation de la température de l’eau des piscines stockant le combustible est observée. »

Un « live » sur le site du Monde.fr permet de suivre l’évolution de la siatuation.