Conférence de presse Enerplan, ce lundi 14 février (Saint-Valentin!) avec Christian Cardonnel, président d’Enerplan, Richard Loyen, Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, et Arnaud Gossement, avocat au cabinet Huglo-Lepage.
Richard Loyen a commencé par déplorer une « vague de licenciements », citant le plan social chez Photowatt, « qui pourrait se traduire par une mise en liquidation d’ici un an (…). Il y en aura d’autres ».
> « Aujourd’hui, le compteur a dû dépasser les 2.000 à 3.000 emplois supprimés. On estime qu’il y aura 10.000 emplois supprimés dans une filière qui en compte 25.000 ».
Evoquant un « secteur en souffrance et un marché en recul de 80 à 90%, y compris chez les particuliers », en raison de problèmes d’image soulevés par la notion de « spéculation ». « La confiance est rompue, chez les industriels qui n’osent plus produire, chez les particuliers qui n’osent plus acheter ».
> « Toute la filière est en panne, en panne forte, a constaté Christian Cardonnel. La capacité de production française est actuellement de 300 à 500 MW de panneaux solaires. Si on bloque à 500 MW… »
Le rapport Charpin-Trink, estime Richard Loyen, se conforme ‘essentiellement au scénario de la DGEC avec 500 MW par an ». Il regrette l’absence de « scénario alternatif », notamment des estimations permettant de « doubler voire tripler les objectifs du Grenelle de l’environnement » en maîtrisant les coûts. La notion de « parité réseau » n’est pas étudiée. S’agissant des projets bloqués par le décret du 9 décembre, « rien n’est dit ». C’est un rapport « à charge, assène-t-il, et à charge comptable. Il ne tient compte que des dépenses et pas des recettes ». Richard Loyen regrette qu’il n’y ait pas d’estimation du prix de l’électricité à horizon 2020, 2025… Nous, « on a la courbe des coûts de production de l’énergie solaire, la courbe qui descend… » Christian Cardonnel a observé qu’on ne parlait pas « du coût de prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, de leur démantèlement… »
La concertation a cependant eu cet avantage, a souligné Richard Loyen, qu’elle a permis aux participants, associations, industriels, installateurs, collectivités de locales, « de former un front uni ».
> Le rapport Charpin-Trink sera remis demain aux ministres et la composition de l’arrêté tarifaire transmise par la DGEC aux mêmes ministres, « c’est-à-dire avant le rapport ». Richard Loyen « n’a aucune idée du niveau auquel il sera… Va-t-il baisser de 10%? 20% On n’en sait rien… »
Arnaud Gossement a regretté qu’on prenne les problèmes à l’envers. Définir les moyens avant les objectifs, ça n’a aucun sens juridique ni industriel ». Le rapport Charpin ne pense pas « l’ensemble du cycle solaire », notamment l’urbanisme, la construction, de protection du consommateur… Or, cela permettrait « d’empêcher à certains projets d’entrer dans le tuyau d’arrosage. Il vise seulement à les empêcher d’en sortir… » S’agissant des appels d’offres, le rapport ignore l’arrêté Fonroche du tribunal administratif de Nîmes, « un arrêté très important ». Les appels d’offres conduiront sûrement à une nouvelle « montagne de paperasserie administrative ». Les conditions de sortie du moratoire (« ce n’est pas une suspension ») ont mis « les auteurs du rapport mal à l’aise car c’est le gouvernement qui en est à l’origine ». Ces conditions montrent qu’il y aura, au bout de trois mois « une purge (…). Il faudrait que le gouvernement pour l’éviter revienne sur le décret scélérat du 9 décembre ». Il y a des dossiers qui ont été exemptés du moratoire (moins de 3 KVA). Pour les autres, il faut « recommencer la demande de raccordement. Pour en repêcher certains, il faudrait l’écrire dans le décret, ce que les auteurs du rapport ne peuvent pas faire ».
> Ce mercredi, MM. Charpin et Trink seront auditionnés par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
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Interrogé sur les appels d’offres, Arnaud Gossement ironise: « c’est un peu la baguette magique du gouvernement; on le voit pour l’éolien offshore (…). C’est un système qui impose l’égalité entre candidats et est régi par le droit européen. Dans un système où les règles du jeu changent tout le temps », il est difficile de garantir cette égalité entre candidats. L’arrêté Fonroche montre « qu’il y a eu rupture d’égalité entre les candidats ». Il faudrait, juge-t-il, que les appels d’offres soient assortis de garde-fous. Que dire aussi des « dossiers de candidature qui coûtent 150.000 euros? Les petits sont de fait exclus… »
File d’attente: la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) devrait se prononcer le 9 mars sur la demande d’Enerplan d’obtenir communication des documents sur lesquels le gouvernement se fonde pour justifier la surchauffe ou la bulle spéculative » (en clair: la file d’attente des projets).
Et si…
A Enerplan, indique Richard Loyen, on réfléchit à la possibilité de « raisonner en portefeuille de projets ou par groupe… Ce serait peut-être plus équitable et ça éviterait de ré-engorger d’un coup le pipe » (la file d’attente).
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Enerplan a diffusé deux documents lors cette conférence de presse.
• La prospective de développement du photovoltaïque sur les bâtiments soumis à la réglementation thermique / énergétique à horizon 2020.
• Le bilan du parc photovoltaïque raccordé au réseau (décembre 2010.
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Voir aussi: Enerplan forme deux recours.