Le site d’informations Green Univers publie ce lundi 31 janvier son premier « panorama des cleantech en France en 2011 », une étude sous-titrée: « des ambitions à confirmer ».
Le panorama « dresse un état des lieux des grands investisseurs, des marchés de la croissance verte (voitures électriques, énergies renouvelables, bâtiment vert, eau…) et évalue leurs perspectives de développement pour 2011. Pour chacun, il identifie les grands acteurs, les start-up innovantes, les leviers du marché et la place de la France par rapport aux autres grands pays ».
L’effet Grenelle n’est pas tari: Green Univers observe que c’est l’Etat français qui joue « un rôle-clé » dans le secteur, qu’il s’agisse de la réglementation ou des soutiens financiers. Le site estime cependant que la « politique mise en œuvre privilégie certains secteurs (bâtiment vert, véhicules électriques) et est moins ambitieuse dans d’autres (solaire, éolien) ».
Du côté des entreprises, Green Univers observe qu’elles « ont massivement investi tant en R&D qu’en croissance externe en 2010 et vont encore monter en puissance en 2011 : Saint-Gobain vise deux milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le solaire en 2015, Areva prévoit de réaliser 1 milliard d’euros dans les énergies renouvelables en 2012… »
L’étude passe au crible onze secteurs: éolien, énergies marines, solaire, biomasse, bâtiment vert, smart grid, véhicules électriques, écomobilité, eau, déchets, Green IT. Dans certains, la France s’affiche en pointe (eau, déchets, bâtiment vert, véhicules électriques…), dans d’autres elle est en retard par rapport à ses « voisins, notamment l’éolien et le solaire (850 MW de capacités installés dans le solaire à fin 2010 contre plus de 17 000 MW en Allemagne et 3 000 MW en Italie ».
Cliquez ici pour télécharger le panorama Green Tech 2011 de Green Univers.
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Extrait de la synthèse:
« Energies renouvelables : une politique encore timide
Par rapport à ses grands voisins européens, sans parler des Etats-Unis et de la Chine, la France est timide en matière d’énergies renouvelables. A tel point que, selon le dernier rapport de l’institut Pew (*), dans la prochaine décennie, elle risque d’attirer seulement 57 Md$ d’investissements privés, trois fois moins que l’Allemagne (208 Md$), deux fois mois que le Royaume-Uni (137 Md$) et moins que l’Italie (90 Md$), qui est résolument engagée dans le développement du solaire. Une lenteur largement due, selon Pew, à la toute-puissance du nucléaire, mais aussi à une politique « incohérente » et à un système électrique hyper-centralisé.
Aidée par l’Etat, la biomasse est de très loin la première énergie renouvelable en France – près de la moitié des capacités d’énergies renouvelables – avec au premier rang le bois-énergie. Mais elle est surtout développée pour la production de chaleur, peu pour l’électricité et est encore loin d’avoir atteint tout son potentiel, en raison essentiellement du manque de structuration de la filière bois-énergie. Un effort a été engagé sous l’impulsion des pouvoirs publics et les investissements se multiplient. De même, la politique d’appels d’offres lancée en 2003, après des débuts laborieux, monte peu à peu en puissance.
Dans l’éolien, depuis les objectifs ambitieux du Grenelle en 2007, la France n’a pas accéléré dans le terrestre et a, au contraire, durci sa règlementation : en 2011, les nouvelles capacités installées risquent d’être en-dessous du seuil de 1,1 GW atteint en 2010. De plus, le gouvernement a tardé à lancer un appel d’offres pour créer 3 GW de parcs offshore à l’horizon 2015, alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne prévoient d’en installer dix fois plus le long de leurs côtes.
Dans le solaire, où la France est en retard par rapport à ses grands voisins comme l’Allemagne ou l’Espagne, l’année 2010 a été agitée. Face à de réels effets d’aubaine liés à des tarifs d’achat généreux et des mesures fiscales très incitatives, qui ont entraîné un record d’installations d’environ 700 MW l’année dernière, l’Etat a donné un grand coup de frein. Après deux baisses des tarifs d’achat, il a imposé en décembre dernier un moratoire de trois mois sur les contrats d’achat, bloquant toute installation nouvelle, le temps d’une concertation avec la fi lière pour défi nir un nouveau cadre réglementaire et revoir les tarifs. Si le gouvernement maintient ses projets de limiter le développement des installations à 500 MW par an, le marché va donc ralentir en 2011. Cette politique pourrait fragiliser la fi lière industrielle française, tout juste émergente.
Restent plusieurs secteurs à défricher, qui pourraient se révéler prometteurs, mais à plus long terme. La recherche française est ainsi très active dans les énergies marines, mais sans perspective commerciale avant probablement 2015 et avec un net retard sur plusieurs de ses voisins, Royaume-Uni en tête, qui planifient déjà de grandes centrales marines. »